L’Afrique subsaharienne, une région à réputation LGBTI+phobe

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Bettina Moreau

26/12/2023

Invisibilisées pendant des dizaines d’années, les personnes LGBTI+ sont encore souvent privées de leurs droits et libertés dans plusieurs pays de la région d’Afrique subsaharienne. La prise en compte par cette région, de l’épidémie du Sida, 20 ans après son apparition sur la scène internationale dans les années 1980, a été un tournant dans l’histoire des populations LGBTI+ africaines et leur reconnaissance, tant au niveau étatique que régional. Cette attention nouvelle fut à double tranchant. En Ouganda notamment, la LGBTI+phobie d’État s’est manifestée à de nombreuses reprises notamment à travers l’interdiction du mariage pour tous·tes en 2005 ou encore une proposition de loi prescrivant la peine de mort pour les personnes diagnostiquées comme séropositives[1]Capra-Brocard R. (31 mai 2023). En Ouganda, les personnes LGBTI+ sont en danger de mort (et ça ne date pas d’hier). NéonMag. En Ouganda, les personnes LGBT+ sont en danger de mort (et ça ne date … Continue reading.

Au Cameroun, c’est en 2006 que le nombre d’agressions à l’encontre des personnes LGBTI+ a nettement augmenté à la suite de la publication de listes de noms « d’homosexuels hauts placés » avec pour objectif de nuire à la réputation de ces personnes. Ces noms étaient ceux de personnalités politiques soupçonnées d’homosexualité. Cette délation publique a entraîné la condamnation des concernés en raison de l’association de leurs noms à des pratiques homosexuelles. Ces prises de parole ont participé à la légitimation de la LGBTI+phobie populaire. Depuis, cette LGBTI+phobie n’a fait que croître dans le pays[2]Awondo P, Geschiere P., Reid G., Jaunait A., Le Renard S. A., Marteu E., (2013). Une Afrique homophobe ? Raisons politiques. N°49. Pages 95 à 118. DOI10.3917/rai.049.0095.

L’année 2000 fut marquante en Namibie pour les personnes LGBTI+ puisque le ministre Jerry Ekandjo avait déclaré qu’il fallait que la police « élimine » les personnes LGBTI+ de la « face de la Namibie[3]Glez D. (1 août 2017). Windhork, pas gay-friendly, mais presque. Jeune Afrique. Windhoek, pas gay-friendly mais presque – Jeune Afrique ». Ces paroles d’un ministre militant, antiapartheid ont marqué les esprits et légitimaient la différence faite entre les droits humains et ceux des personnes LGBTI+.

En avril 2013, Amnesty International publiait un rapport intitulé : « Quand aimer devient un crime – La criminalisation des relations entre personnes de même sexe en Afrique subsaharienne[4]Quand aimer devient un crime. 2013. Afrique. Quand aimer devient un crime. La criminalisation des relations entre personnes de même sexe en Afrique subsaharienne (amnesty.be) ». L’ONG rapporte dans son ouvrage son inquiétude face au nombre croissant d’« actes homosexuels ». Datant de dix ans, ce rapport semble être toujours d’actualité au regard de l’ensemble des violences subies par les personnes LGBTI+. En mars 2023, alors que 33 pays africains disposaient d’une politique ne respectant par les droits et les libertés des personnes LGBTI+[5]France Inter podcast Géopolitique. (23 mars 2023). En Ouganda, la prison à vie pour les homosexuels : pourquoi cette homophobie en Afrique ? En Ouganda, la prison à vie pour les homosexuels : … Continue reading, l’Ouganda adoptait une nouvelle législation ; celle-ci est reconnue comme répressive à l’égard des personnes LGBTI+. Ce rejet des droits pose question tant il semble être unitaire en Afrique subsaharienne. Ainsi, quelles sont les raisons et conséquences de tels rejets sur les populations LGBTI+ ?

Dans le cadre de notre analyse, seront étudiés plus en détail l’Ouganda, la Namibie et le Cameroun. L’Afrique du Sud sera mentionnée à titre de comparaison en raison de son statut de pionnier sur le continent africain.

L’instrumentalisation non dissimulée des LGBTI+phobies par les politiques nationales : la lutte contre le néocolonialisme

Dès les périodes de post-colonisation, dans les années 1960 et 1970, un courant de pensée se retrouve aux quatre coins du continent. Pour ses adeptes, qui sont nombreux·ses, les questions LGBTI+ auraient été importées par les pays occidentaux lors de la colonisation[6]Nabaneh S., Andam K., Odada K., Eriksson A. et Stevens Marion, (2022). Contester le genre et la colonialité – Une analyse des mobilisations conservatrices en Afrique du Sud, au Kenya et au Ghana. … Continue reading. Cette idée répandue par des groupes conservateurs religieux a des impacts conséquents sur la politique des États ainsi que sur les conditions de vie de personnes qui doivent s’organiser face à la répression.

Les traumatismes de la colonisation sont encore palpables dans de nombreux pays du continent africain et s’expriment notamment sous couvert de LGBTI+phobies. L’argument avancé selon lequel des « déviances » ont été importées par la présence des pays occidentaux est exposé par de nombreux groupes conservateurs religieux[7]Toulemonde M.. (8 septembre 2023). « L’homosexualité est importée d’Occident » : déconstruction d’un mythe, JeuneAfrique. « L’homosexualité est importée d’Occident » : … Continue reading. Selon eux, l’objectif de l’Occident serait de détruire la « pureté africaine » et, à terme, de faire disparaître les peuples africains. La première dame de l’Ouganda, Janet Museveni, qui est également députée et membre du mouvement Born Again Christian, n’hésite pas à utiliser sa position et ses relations à l’encontre des droits des personnes LGBTI+[8]Monitor. (10 septembre 2011). Wikileaks: Janet behind gays Bill.Wikileaks: Janet behind gays Bill | Monitor. Dans le pays, de nombreux mécènes de la droite évangélique américaine possèdent une grande influence sur la politique ougandaise. Leur influence, qui n’est pas récente, se retrouve dans plusieurs décisions et prises de position que ce soit au niveau de la santé ou encore de l’éducation. Les lois pénalisant la sodomie ont tout d’abord été introduites par les Britanniques, ainsi lorsque les politiques revendiquent leur autonomie et leurs lois LGBTI+phobes il s’agit d’une reprise d’un élément colonial[9]Awondo P, Geschiere P., Reid G., Jaunait A., Le Renard S. A., Marteu E., (2013). Une Afrique homophobe ? Raisons politiques. N°49. Pages 95 à 118. DOI10.3917/rai.049.0095.

Cette peur d’un néocolonialisme à travers les questions LGBTI+ a été instrumentalisée lors de la lutte contre l’épidémie du Sida. La présence occidentale à travers des associations d’aides humanitaires telles qu’Afrique 2000 créée par l’association française AIDES[10]Bastien V.(2005). Lutte contre le Sida: collaboration entre ONG du Nord et associations du Sud. OpenEdition Journal. Lutte contre de Sida : collaboration entre ONG du Nord et associations du Sud … Continue reading, a été perçue comme une nouvelle emprise sur les populations africaines. Des gouvernements y voyaient là un moyen pour l’Occident d’intervenir dans la politique de la région. Ainsi, l’Occident aurait implanté les questions de genre puis se servirait de l’épidémie pour asseoir son influence sur les populations. Selon un rapport publié par Human Rights Watch paru en 2003, les présidents du Zimbabwe, Robert Mugabe (1987 – 2007), et de la Namibie, Sam Nujoma (1990 – 2005), considèrent que les questions LGBTI+ représentent une dépravation importée par l’Occident dans les années 1990[11]Awondo P, Geschiere P., Reid G., Jaunait A., Le Renard S. A., Marteu E., (2013). Une Afrique homophobe ? Raisons politiques. N°49. Pages 95 à 118. DOI10.3917/rai.049.0095. À travers, ce rejet de l’occidentalisation se cache une peur de la libéralisation des mœurs et des normes, mais également une domination économique et idéologique[12]France Inter podcast Géopolitique. (23 mars 2023). En Ouganda, la prison à vie pour les homosexuels : Pourquoi cette homophobie en Afrique ?. En Ouganda, la prison à vie pour les homosexuels : … Continue reading. Ce transfert des peurs et des pressions a pour conséquence d’invisibiliser les personnes LGBTI+, ainsi que l’accroissement de la désinformation des populations. Il est apparu alors nécessaire de différencier la lutte contre le néocolonialisme et les questions des individues LGBTI+, que ce soit au niveau étatique ou communautaire.

Dans le cadre de la lutte contre le Sida, des mouvements religieux ont saisi l’opportunité de lutter contre les droits des personnes LGBTI+ en faisant planer la menace de la maladie et en incitant à l’hétérosexualité[13]Fancello S. (2007). Guérison, délivrance et sida: les femmes et la « maladie de Dieu » dans les Eglises pentecôtistes africaines. Sciences sociales et santé. n°25. Pages 5 à 34. … Continue reading. En Ouganda, en Namibie et au Cameroun, des pays très religieux, ces recommandations ont eu un fort impact implicite comme explicite sur les lois encore en vigueur.

Le 19 juillet 2023, la Namibie interdisait les mariages entre les personnes de même genre alors que seulement deux mois plus tôt, 16 mai 2023, la Cour suprême de la Namibie reconnaissait les mariages conclus à l’étranger des individues de même genre[14]Macé C. (21 juillet 2023). En Afrique, l’homophobie instrumentalisée pour « mettre en scène le défi vis-à-vis de l’Occident ». Libération. En Afrique, l’homophobie … Continue reading. Ce revers est imputable à une campagne politique menée par les religieuxeuses et conservateursrices à travers le pays. Cet exemple d’instabilité des droits des personnes LGBTI+ illustre l’enjeu politique, mais aussi la place importante prise par les groupes religieux dans les différents États.

Le média OpenDemocracy rapportait le 20 octobre 2020 que depuis 2007, plus de 20 groupes religieux étasuniens ont donné au moins 54 millions de dollars à différents gouvernements africains, dont 20 millions vers l’Ouganda[15]L’article ne mentionne pas les pays ayant bénéficié de ces sous. Les auteurs.rices indiquent qu’il s’agit de personnalité politique. Bien que les informations ne soient pas … Continue reading. Leur but était de les inciter à légiférer à l’encontre des droits des personnes LGBTI+, mais aussi contre la libre disposition de son corps[16]Namubiru L. et Wepukhulu K.S. (19 octobre 2020). Exclusive: US Christian Right pours more than $50m into Africa [Exclusivité: la droite religieuse étasunienne injecte plus de 50 milliards en … Continue reading. En réalité, le réel néocolonialisme ne semble pas se trouver dans l’existence des individues LGBTI+, mais dans l’influence de la religion catholique occidentale. Les nombreux dons financiers opérés par les mouvements et groupes religieux au fil des années ont créé une dépendance de la part des politiques. Ainsi, des entités principalement américaines, avec des idéologies traditionalistes, antigenre et anti-droits, parviennent à avoir une influence sur les politiques en Afrique subsaharienne. Les États-Unis, bien qu’ayant un lien colonial différent de celui européen en Afrique, possèdent aujourd’hui une grande influence sur la région subsaharienne en raison du contexte géopolitique actuel. Il est devenu difficile pour les États de la région de se positionner à l’encontre de ces mouvements, au risque de perdre des financements et soutiens, notamment en ce qui concerne aujourd’hui la lutte pour les ressources naturelles.

Premièrement, pour affronter ces discriminations, il est nécessaire de déconstruire cette idée d’importation des questions LGBTI+ lors de la colonisation par l’Europe. De nombreuses langues africaines contiennent des termes faisant référence aux personnes LGBTI+. Le terme « ji’gele ketön[17]Gueboguo C. (2006). L’homosexualité en Afrique; sens et variations d’hirer à nos jours. https://doi.org/10.4000/socio-logos.37 » issu du bafia et parlé au Cameroun, désigne les relations entre personnes du même sexe sans y apporter un jugement. En Namibie, en langue hereros, c’est le terme « epanga » qui désigne une personne amoureuse d’un individu du même genre[18]Gueboguo C. (2006). L’homosexualité en Afrique; sens et variations d’hirer à nos jours. https://doi.org/10.4000/socio-logos.37. La présence de ces termes implique une reconnaissance de l’existence des personnes LGBTI+ antérieurement à la colonisation. Ce premier indice laisse à penser que la colonisation n’a pas importé les questions LGBTI+.

Un second indice se trouve dans les codes pénaux des différents États d’Afrique. Malgré les déclarations d’indépendance, le 1er janvier 1960 pour le Cameroun, le 9 octobre 1962 pour l’Ouganda et le 21 mars 1990 pour la Namibie, ces pays, comme d’autres États africains, ont conservé en partie les codes coloniaux. La législation namibienne a ainsi été influencée par l’ancien code néerlandais, l’Ouganda par le Code britannique et le Cameroun par le Code français. La France a d’ailleurs décriminalisé les rapports homosexuels consentis dès 1791, mais a néanmoins imposé une criminalisation de ces mêmes actes dans ses colonies, notamment au Cameroun[19]This Alien Legacy. (17 décembre 2008). Human Rights Watch. This Alien Legacy: The Origins of « Sodomy » Laws in British Colonialism | HR. L’Ouganda s’est vu imposer le Code pénal britannique lors de la colonisation, qui introduit la pénalisation des actes homosexuels. Pour l’ONG Human Rights Watch, il s’agissait d’une volonté coloniale d’établir des standards de comportements pour réformer les colonisé·es, mais également dans le but de protéger la morale des colons[20]This Alien Legacy. (17 décembre 2008). Human Rights Watch. This Alien Legacy: The Origins of « Sodomy » Laws in British Colonialism | HRW.

Ces différents codes coloniaux ont été établis fin du XIXème, début du XXème siècle. Ces textes juridiques ont légué la pénalisation d’actes homosexuels et répriment ainsi les droits des personnes LGBTI+. Bien que ces codes aient évolué au fil des années dans les États concernés, leur origine reste inchangée. Cette criminalisation par les différents gouvernements ne peut être postérieure à la colonisation. Les États pourraient abandonner les codes pénaux coloniaux, ce n’est cependant pas le choix politique qui est fait. La colonisation a importé une idéologie qui n’était pas propre aux États africains. Ainsi, remettre en question les codes pénaux reviendrait à remettre en question des décennies de culture importée et imposée dans ces États.

Si les LGBTI+phobies sont bien apparues en Afrique subsaharienne avec la colonisation, cela sous-entend qu’il s’agit d’une discrimination et d’une construction étatique qui a façonné les sociétés. Dans l’article de Politique africaine « Contester le genre et la colonialité », les auteur·rices soulignent la nécessité de la mise en avant entre colonisation et homophobie[21]Nabaneh S., Andam K., Odada K., Eriksson A. et Stevens Marion. (2022) Contester le genre et la colonialité – Une analyse des mobilisations conservatrices en Afrique du Sud, au Kenya et au Ghana. … Continue reading. Pour elleux, cette mise en lumière permettrait une meilleure compréhension des mécanismes sociaux. La colonisation a été faite entre États dont les populations ont été les victimes. Cette compréhension serait alors la solution pour faire évoluer les mentalités et les législations de manière pérenne.

Le rejet de l’Occident sous forme de rejet du colonialisme enferme les États dans l’appréciation de textes coloniaux en dépit des pratiques ancestrales. Aussi, la forte implication des mouvements religieux à travers les pays a pour conséquence de renforcer ce colonialisme. La religion catholique a été importée lors de la colonisation, ainsi, se fonder sur cet élément pour rejeter l’Occident relève de l’hypocrisie. Ces éléments, qui sont d’abord politiques avant d’être culturels, impactent en premier lieu les personnes LGBTI+ qui sont les premières concernées et victimes de ces violences et discriminations.

Les conséquences et les violences allant à l’encontre de l’intégrité et des droits des personnes LGBTI+

Cette criminalisation systémique, liée à l’instrumentalisation étatique, a de nombreuses conséquences pour les personnes LGBTI+. Les violences à l’égard des populations LGBTI+ ainsi que la réception supposée du « danger » que les communautés LGBTI+ représentent pour la société, sont normalisées, une suspicion générale se retrouve parmi la population. Les personnes LGBTI+ se trouvent être victimes de violences et de rejet de la part de leur société, leur famille et leur entourage proche. Les instances étatiques s’inscrivent en soutien à cette formulation de haine et de rejet. Au Cameroun, cela a pris la forme de diffusion de noms de personnes engagées en politique soupçonnées d’homosexualité ou de transidentité dans des articles de presse[22]Geschiere P. (2021). De bas en haut. Indocilités politiques et africanisation des sciences sociales. Politique africaine, n°161-162, pages 57 à 70. DOI : 10.3917/polaf.161.0057. L’objectif était de les dénigrer et d’inciter leur exclusion sociétale et professionnelle.

Souvent, lorsqu’une personne est, ne serait-ce que soupçonnée d’appartenir à la communauté LGBTI+, elle risque de nombreuses violences physiques et morales[23]Abou Ez E. (17 juillet 2020). Viols « correctifs », médicaments, isolement… les ravages des « thérapies de conversion » pour homosexuels. France Info. Viols « correctifs », … Continue reading. Les risques encourus vont des thérapies de conversions aux viols dits « correctifs » à l’encontre des personnes lesbiennes. Les violences sont légitimées par la volonté de correction et de modification identitaire des personnes LGBTI+. Selon le rapport de l’Expert indépendant sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, de l’ONU : « Ces pratiques visent systématiquement à transformer une personne non hétérosexuelle en personne hétérosexuelle, et une personne trans ou de genre variant en personne cisgenre[24]Rapport de l’Expert indépendant sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, présenté à l’Assemblée Nationale … Continue reading ».

Ces violences sont systémiques. C’est notamment le cas en Ouganda où les gouvernements soutiennent l’existence des thérapies de conversion qui s’effectuent avec des électrochocs[25]Rapport de l’Expert indépendant sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, présenté à l’Assemblée Nationale … Continue reading et la prescription de traitements hormonaux aux personnes LGBTI+ ou soupçonnées de l’être. Cette remise en question permanente de l’identité est une violence considérable à l’égard des personnes concernées. Dans le but d’éviter ces violences, elles trouvent alors des stratagèmes pour exprimer leur identité de manière dissimulée. Des réseaux se constituent, mais la peur de la trahison persiste même au sein des communautés. La visibilité accordée aux personnes LGBTI+ ces dernières années engendre des conséquences sur la vie des personnes. Une méfiance grandissante est observable entre les individu·es qui ont alors de plus en plus de mal à établir des liens de confiance[26]Rapport de l’Expert indépendant sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, présenté à l’Assemblée Nationale … Continue reading.

En parallèle de ces violences physiques, les personnes LGBTI+ font face à de nombreuses difficultés. Les personnes transgenres notamment qui doivent affronter l’inaccessibilité des traitements hormonaux permettant une transition. La prise en compte des personnes non cisgenres peut également se faire à travers le prisme pathologique. Ainsi, la reconnaissance de leur identité, tant sexuelle que de genre est en permanence remise en question. Un processus d’illégitimité et d’invisibilisation frappe donc l’ensemble des communautés LGBTI+. Selon l’expert indépendant des Nations unies sur la protection contre la violence et la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, les violences subies par les personnes LGBTI+ peuvent entrainer « une perte considérable de l’estime de soi, de l’anxiété, un état dépressif, un isolement social, des problèmes relationnels, une haine de soi, de la honte, de la culpabilité, un dysfonctionnement sexuel, des idées suicidaires et tentatives de suicide, et des symptômes de troubles post-traumatiques, souvent associés à de graves souffrances physiques ».

Les personnes LGBTI+ ont aussi des difficultés à évoluer en société. De nombreux emplois ou carrières ne leur seront pas accessibles. En 2010, le journal ougandais Rolling Stones publiait une liste de 100 noms accompagnés de photographies et d’adresses d’activistes LGBTI+. Malgré la sanction judiciaire adressée aux journalistes responsables de cette diffusion, le mal était fait. Ainsi, simplement agir en faveur de sa propre existence et de celle de sa communauté est un risque. Ces répercussions terribles doivent être prises en compte par les gouvernements pour le bien-être de leur population. De fait, ces défis vont à l’encontre directe de la dignité, de la liberté et des droits des personnes LGBTI+. En attendant un changement étatique, de nombreuses actions sont prises pour lutter contre ces violences et pour la protection des personnes LGBTI+.

La nécessaire organisation face aux discriminations systémiques et étatiques à l’encontre des personnes LGBTI+

Les droits des individues LGBTI+ ne sont pas protégés en droit international par une convention spécifique[27]Héloïse Versavel (2023). Une protection internationale des personnes LGBTI+ insuffisante. Institut du Genre en Géopolitique. https://igg-geo.org/?p=14251. Néanmoins, des instances internationales reconnaissent les discriminations et violences à l’égard des personnes LGBTI+[28]Maunganidze O. et Cohen C. (27 septembre 2023). Anti-gay laws: Africa’s human rights regression, Institute for security studies. Anti-gay laws: Africa’s human rights regression – ISS Africa. La résolution 17/19 du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU en est l’une d’elles[29]Résolution A/HRC/RES/17/19 du Conseil des droits de l’Homme en date du 14 juillet 2011 Résolution A/HRC/RES/17/19 et œuvre notamment pour la reconnaissance de ces violences comme allant à l’encontre des droits humains. En 2014, la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) a adopté dans le cadre de sa 55ème session la résolution 275 sur « la protection contre la violence et d’autres violations des droits humains de personnes sur la base de leur identité ou orientation sexuelle réelle ou supposée[30] FIDH. La CADHP protège les droits des LGBTI. (13 mai 2014). La CADHP protège les droits des LGBTI (fidh.org) ». Malgré le caractère non contraignant des résolutions de la Commission, cette première avancée a suscité de nombreux espoirs, tant auprès des personnes concernées que des défenseur·ses des droits humains.

Il est cependant nécessaire de rappeler la faible indépendance de la Commission dont les financements et l’existence dépendent du bon vouloir des États. Son rôle est de rappeler aux États leurs engagements ainsi que de les responsabiliser. Néanmoins, la souveraineté des États prime sur les compétences de cette instance. Lors de sa 73ème session ordinaire d’octobre-novembre 2022, l’organisation a refusé à trois associations le statut d’observateur estimant que « l’orientation sexuelle n’est pas un droit ou une liberté expressément reconnue par la Charte africaine[31]Déclaration jointe des OSC. (2022). French – ACSE STATEMENT ON DECISION OF ACHPR AT THE 73RD SESSION OF ACHPR Final_fr.docx (article19.org) ». Ce recul est à l’encontre de sa propre jurisprudence et inquiète les associations et ONG. La principale crainte est la perte d’influence de la CADH sur les États, mais également la diminution de la protection des droits des personnes LGBTI+. Sans cette instance, les États ne seraient plus rappelés à l’ordre ou pointés du doigt.

De nouvelles politiques répressives ont rapidement suivi. Le 29 mai 2023, l’Ouganda a adopté une nouvelle loi « criminalisant la promotion, le recrutement et le financement des activités liées au groupe LGBT, ou encore la « tentative d’homosexualité[32]Colombe Gbane N. (22 mars 2023). Ouganda: un militant d’ILGA réagit à la loi anti-LGBT, Africanews, Ouganda : un militant d’ILGA réagit à la loi anti-LGBT | Africanews ». Cette dernière expression est vague et laisse une grande marge d’appréciation aux juges ainsi qu’aux forces de l’ordre qui seront les premierères à apprécier les faits. Cette délégation de l’autorité accentue les dangers pour la sécurité des personnes LGBTI+. Depuis l’adoption de cette loi, deux hommes risquent la peine de mort pour « homosexualité aggravée[33]Ouganda, un homme condamné à la peine de mort en vertu de la loi contre l’homosexualité. (30 août 2023). Amnesty international, Ouganda, Un homme condamné à la peine de mort en vertu de la … Continue reading ». Par le système répressif qu’impose le gouvernement, les discriminations deviennent de réels outils politiques. Les personnes LGBTI+ sont jugé·es responsables des défis et problèmes sociétaux. Il s’agit là d’une manipulation de la part des politiques dans le but de détourner l’attention de la population sur des problèmes majeurs intra-étatiques[34]Jeannin M. (22 décembre 2022). Au Ghana, Angel Maxime porte la voix d’une communauté LGBT+ stigmatisée. Le Monde Afrique. Au Ghana, Angel Maxine porte la voix d’une communauté LGBT+ … Continue reading.

Cependant, il est impossible de faire une généralité de la région d’Afrique subsaharienne, en raison de la diversité des systèmes politiques et sociétaux, mais aussi des jeux des relations internationales et de l’histoire de chaque pays. Certains accordent plus de reconnaissance à la défense des droits humains, comme l’Afrique du Sud qui inscrit en 1996 dans sa Constitution[35]Constitution de l’Afrique du Sud. (1996). WIPO Lex l’interdiction de toute discrimination liée à l’orientation sexuelle[36]Broqua C.. (2012). L’émergence des minorités sexuelles dans l’espace public en Afrique, Politique africaine, n°126, pages 5 à 23. DOI : 10.3917/polaf.126.0005. Le pays devient ensuite, en 2006, le premier État africain à légaliser le mariage entre personnes du même genre[37]L’Afrique du Sud autorise le mariage homosexuel. (14 novembre 2006). Le Monde Afrique. L’Afrique du Sud autorise le mariage homosexuel (lemonde.fr). Le statut de pionnier dans le domaine influence les autres pays.

Des États se retrouvent face à des dilemmes et à des contradictions. C’est notamment le cas de la Namibie qui autorise le changement de genre sur les documents d’identité, mais n’offre pas de soins de santé ce qui rend la loi peu applicable[38]Chiam Z., Duffy S. Gonzalez Gil M. (Novembre 2017). Trans legal mapping report [Rapport sur l’encadrement juridique des personnes transgenres]. Ilga. ILGA_Trans_Legal_Mapping_Report_2017_ENG.pdf. De cette manière, l’image de la Namibie sur la scène internationale évolue positivement sans que cela ne soit le cas pour les droits des personnes concernées. 

En raison de la faible considération des États pour la protection et la promotion des droits des personnes LGBTI+, des alternatives de terrain se mettent en place, dans l’espoir de faire évoluer les mentalités. L’association Humanity First au Cameroun intervient entre autres dans les villes et les villages pour faire un travail de sensibilisation auprès des populations. Les actions de terrain sont nécessaires pour sensibiliser et éduquer les populations[39]Blanchard S. (8 mars 2023). Au Cameroun, le combat pour leurs droits des personnes LGBT, DW made for minds. Au Cameroun, le combat pour leurs droits des personnes LGBT – DW – 08/03/2023. En outre, l’inclusion des personnes non-LGBTI+ dans la lutte pour la défense des droits de tous·tes est indispensable, car les LGBTI+phobies constituent une des sources premières d’enjeux sanitaires que les gouvernements ne considèrent pas, en raison de leurs croyances[40]Dibakto J. (17 août 2021). Cameroun: quand l’homophobie entrave la lutte contre le VIH/sida, Jeuneafrique. Cameroun : quand l’homophobie entrave la lutte contre le VIH/sida – Jeune Afrique. Ainsi, ce ne sont pas uniquement les individues LGBTI+ qui sont impactées par ces politiques discriminatoires, mais l’ensemble de la population.

Donner une visibilité aux populations LGBTI+ est un enjeu clé sur le chemin de l’acceptation. En juillet 2017, des associations organisaient la première pride dans la capitale de la Namibie[41]Cettour-Rose D. (31 juillet 2017). Franceinfo, Namibie: première Gay Pride à Windhoek (francetvinfo.fr). Ce rassemblement de 150 individues était une première étape pour visibiliser ces personnes, leurs demandes et faire évoluer les mentalités.

De nombreux·euses militant·es agissent également sur le terrain de la justice, comme l’avocate camerounaise Alice Nkom, première femme, avocate francophone au Cameroun, qui a dédié sa carrière à la lutte contre l’homophobie[42]Alice Nkom. l’infatigable défenseure des LGBT au Cameroun. (8 octobre 2021) France24. Alice Nkom, l’infatigable défenseure des LGBT au Cameroun (france24.com). Son travail permet une visibilisation des individues LGBTI+ aux yeux de la société et de la justice. 

Des artistes s’emparent aussi de cette question. En 2017 avait lieu une exposition en plein Douala qui abordait les relations homosexuelles[43]Lobe M. (24 novembre 2017). Soufiane Ababri a réussi un exploit: une expo gay en plein Douala. Le Monde Afrique, « Soufiane Ababri a réussi un exploit : une expo gay en plein Douala » (lemonde.fr). Ces représentations donnent de l’espoir quant aux changements possibles des sociétés et l’évolution des mentalités bien que ces prises de conscience restent limitées.

La nécessaire remise en question de l’instrumentalisation des droits des individues LGBTI+

Si cet article vise à mettre en exergue l’instrumentalisation constante des droits et libertés des personnes LGBTI+, un autre aspect est omniprésent. L’étude de l’Ouganda, la Namibie ainsi que du Cameroun ont permis de mettre en exergue la LGBTI+ phobie des États, tandis que les actes de résistance des populations locales se multiplient. Ces trois pays issus de régions africaines différentes permettent de sous-entendre la LGBTI+ phobie rongeant presque l’ensemble du continent. Pointés du doigt comme étant responsables des maux des sociétés, les personnes LGBTI+ sont victimes de nombreuses discriminations. Sous couvert de religions et de revendications indépendantistes, les politiques nationales usent d’une homophobie d’État au détriment de leur population. Il est nécessaire pour les États de prioriser les droits de chaque individue et de porter attention aux paroles des concernées. Visibiliser et représenter les personnes LGBTI+ est crucial au sein des pays pour permettre un changement en profondeur des mentalités.

Les propos contenus dans cet article n’engagent que l’autrice. 

Pour citer cette production : Bettina Moreau. (26/12/2023). L’Afrique subsaharienne, une région à réputation LGBTI+phobe.   Institut du Genre en Géopolitique. https://igg-geo.org/?p=17475

References

References
1 Capra-Brocard R. (31 mai 2023). En Ouganda, les personnes LGBTI+ sont en danger de mort (et ça ne date pas d’hier). NéonMag. En Ouganda, les personnes LGBT+ sont en danger de mort (et ça ne date pas d’hier) – neonmag.fr
2, 9, 11 Awondo P, Geschiere P., Reid G., Jaunait A., Le Renard S. A., Marteu E., (2013). Une Afrique homophobe ? Raisons politiques. N°49. Pages 95 à 118. DOI10.3917/rai.049.0095
3 Glez D. (1 août 2017). Windhork, pas gay-friendly, mais presque. Jeune Afrique. Windhoek, pas gay-friendly mais presque – Jeune Afrique
4 Quand aimer devient un crime. 2013. Afrique. Quand aimer devient un crime. La criminalisation des relations entre personnes de même sexe en Afrique subsaharienne (amnesty.be)
5 France Inter podcast Géopolitique. (23 mars 2023). En Ouganda, la prison à vie pour les homosexuels : pourquoi cette homophobie en Afrique ? En Ouganda, la prison à vie pour les homosexuels : pourquoi cette homophobie en Afrique ? (radiofrance.fr)
6 Nabaneh S., Andam K., Odada K., Eriksson A. et Stevens Marion, (2022). Contester le genre et la colonialité – Une analyse des mobilisations conservatrices en Afrique du Sud, au Kenya et au Ghana. Politique africaine, n°168, pages 25 à 51. DOI : 10.3917/polaf.168.0025
7 Toulemonde M.. (8 septembre 2023). « L’homosexualité est importée d’Occident » : déconstruction d’un mythe, JeuneAfrique. « L’homosexualité est importée d’Occident » : déconstruction d’un mythe – Jeune Afrique
8 Monitor. (10 septembre 2011). Wikileaks: Janet behind gays Bill.Wikileaks: Janet behind gays Bill | Monitor
10 Bastien V.(2005). Lutte contre le Sida: collaboration entre ONG du Nord et associations du Sud. OpenEdition Journal. Lutte contre de Sida : collaboration entre ONG du Nord et associations du Sud (openedition.org)
12 France Inter podcast Géopolitique. (23 mars 2023). En Ouganda, la prison à vie pour les homosexuels : Pourquoi cette homophobie en Afrique ?. En Ouganda, la prison à vie pour les homosexuels : pourquoi cette homophobie en Afrique ? (radiofrance.fr)
13 Fancello S. (2007). Guérison, délivrance et sida: les femmes et la « maladie de Dieu » dans les Eglises pentecôtistes africaines. Sciences sociales et santé. n°25. Pages 5 à 34. https://doi.org/10.1684/sss.2007.0401
14 Macé C. (21 juillet 2023). En Afrique, l’homophobie instrumentalisée pour « mettre en scène le défi vis-à-vis de l’Occident ». Libération. En Afrique, l’homophobie instrumentalisée pour «mettre en scène le défi vis-à-vis de l’Occident» – Libération (liberation.fr)
15 L’article ne mentionne pas les pays ayant bénéficié de ces sous. Les auteurs.rices indiquent qu’il s’agit de personnalité politique. Bien que les informations ne soient pas divulguées, il est compréhensible que ces actions influencent directement les prises de position.
16 Namubiru L. et Wepukhulu K.S. (19 octobre 2020). Exclusive: US Christian Right pours more than $50m into Africa [Exclusivité: la droite religieuse étasunienne injecte plus de 50 milliards en Afrique]. OpenDemocracy. Exclusive: US Christian Right pours more than $50m into Africa | openDemocracy
17, 18 Gueboguo C. (2006). L’homosexualité en Afrique; sens et variations d’hirer à nos jours. https://doi.org/10.4000/socio-logos.37
19 This Alien Legacy. (17 décembre 2008). Human Rights Watch. This Alien Legacy: The Origins of « Sodomy » Laws in British Colonialism | HR
20 This Alien Legacy. (17 décembre 2008). Human Rights Watch. This Alien Legacy: The Origins of « Sodomy » Laws in British Colonialism | HRW
21 Nabaneh S., Andam K., Odada K., Eriksson A. et Stevens Marion. (2022) Contester le genre et la colonialité – Une analyse des mobilisations conservatrices en Afrique du Sud, au Kenya et au Ghana. Politique africaine, n°168, pages 25 à 51. DOI : 10.3917/polaf.168.0025
22 Geschiere P. (2021). De bas en haut. Indocilités politiques et africanisation des sciences sociales. Politique africaine, n°161-162, pages 57 à 70. DOI : 10.3917/polaf.161.0057
23 Abou Ez E. (17 juillet 2020). Viols « correctifs », médicaments, isolement… les ravages des « thérapies de conversion » pour homosexuels. France Info. Viols « correctifs », médicaments, isolement… les ravages des « thérapies de conversion » pour homosexuels (francetvinfo.fr)
24, 25, 26 Rapport de l’Expert indépendant sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, présenté à l’Assemblée Nationale des Nations Unies, 1er mai 2020 A/HRC/44/53 (un.org)
27 Héloïse Versavel (2023). Une protection internationale des personnes LGBTI+ insuffisante. Institut du Genre en Géopolitique. https://igg-geo.org/?p=14251
28 Maunganidze O. et Cohen C. (27 septembre 2023). Anti-gay laws: Africa’s human rights regression, Institute for security studies. Anti-gay laws: Africa’s human rights regression – ISS Africa
29 Résolution A/HRC/RES/17/19 du Conseil des droits de l’Homme en date du 14 juillet 2011 Résolution A/HRC/RES/17/19
30  FIDH. La CADHP protège les droits des LGBTI. (13 mai 2014). La CADHP protège les droits des LGBTI (fidh.org)
31 Déclaration jointe des OSC. (2022). French – ACSE STATEMENT ON DECISION OF ACHPR AT THE 73RD SESSION OF ACHPR Final_fr.docx (article19.org)
32 Colombe Gbane N. (22 mars 2023). Ouganda: un militant d’ILGA réagit à la loi anti-LGBT, Africanews, Ouganda : un militant d’ILGA réagit à la loi anti-LGBT | Africanews
33 Ouganda, un homme condamné à la peine de mort en vertu de la loi contre l’homosexualité. (30 août 2023). Amnesty international, Ouganda, Un homme condamné à la peine de mort en vertu de la loi contre l’homosexualité – Amnesty International Belgique
34 Jeannin M. (22 décembre 2022). Au Ghana, Angel Maxime porte la voix d’une communauté LGBT+ stigmatisée. Le Monde Afrique. Au Ghana, Angel Maxine porte la voix d’une communauté LGBT+ stigmatisée (lemonde.fr)
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37 L’Afrique du Sud autorise le mariage homosexuel. (14 novembre 2006). Le Monde Afrique. L’Afrique du Sud autorise le mariage homosexuel (lemonde.fr)
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40 Dibakto J. (17 août 2021). Cameroun: quand l’homophobie entrave la lutte contre le VIH/sida, Jeuneafrique. Cameroun : quand l’homophobie entrave la lutte contre le VIH/sida – Jeune Afrique
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42 Alice Nkom. l’infatigable défenseure des LGBT au Cameroun. (8 octobre 2021) France24. Alice Nkom, l’infatigable défenseure des LGBT au Cameroun (france24.com)
43 Lobe M. (24 novembre 2017). Soufiane Ababri a réussi un exploit: une expo gay en plein Douala. Le Monde Afrique, « Soufiane Ababri a réussi un exploit : une expo gay en plein Douala » (lemonde.fr)