Mazout patriarcal : critique d’un ordre mondial pétromasculin

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Elsa Neveu

18/01/2026

Dans les sites pétroliers ougandais du projet EACOP de TotalEnergies comme dans les tours vitrées du siège de la multinationale française, la présence des femmes sert de vitrine de modernité[1]Allain, A. (11 mars 2025). « Gender-washing » : comment les multinationales du secteur extractiviste détournent les revendications féministes. Observatoire des multinationales. … Continue reading. Les campagnes de communication exhibent leurs visages casqués et souriants pour vanter une industrie inclusive, comme si la féminisation – réelle ou simulée – des équipes suffisait à la laver de ses excès. Derrière cette façade égalitaire, les promesses d’émancipation achoppent à une réalité plus tenace : celle d’un monde fossile bâti sur des hiérarchies de genre et raciales, des binarités construites et performées (producteur masculin / nature féminisée, technicité virile / vulnérabilité reproductive) et des violences. Un monde, dans lequel les femmes ne se contentent pas d’être mises en scène, mais qu’elles investissent, subissent ou contrarient.

Le pétrole est une huile minérale naturelle combustible, formée d’un mélange d’hydrocarbures complexe et principalement employée comme source d’énergie[2]CNRTL. (n. d.). Définition « pétrole ». https://www.cnrtl.fr/definition/p%C3%A9trole. C’est une « huile de pierre »[3]Du latin petra oleum, un liquide,  un liquide, ce qui lui confère un dessein politique : il est relativement plus facile à produire en quantité, à transporter et à stocker que ses pairs énergétiques comme le gaz naturel, le charbon, le vent[4]Piram, K. (2025). Le pétrole en 30 questions. La Documentation française. « Doc’ en poche »… Le pétrole compte ainsi pour un tiers du bouquet énergétique mondial en 2024, soit la part la plus importante selon les statistiques du secteur présentées par l’Energy Institute[5]Energy Institute. (2025). Statistical Review of World Energy. https://www.energyinst.org/statistical-review. Et autour du « sang » de la géopolitique mondiale, selon la formule consacrée par l’ancien président égyptien Nasser, gravite une industrie qui couvre les activités de l’approvisionnement jusqu’à la distribution de carburants aux consommateur·ice·s : forage, transport, stockage, raffinage, mise en circulation.

Corollaire de ce constat, le pétrole n’est pas qu’une matière première : il s’étend aux corps, aux terres et aux relations sociales. C’est un gisement de pouvoir et d’inégalités. Dans la lignée de Timothy Mitchell[6]Mitchell, T. (2013). Carbon Democracy. Le pouvoir politique à l’ère du pétrole, La Découverte, pour qui la manière d’organiser les flux énergétiques configure les formes mêmes du politique et de la démocratie, on peut dire que le pétrole structure davantage que des marchés. À mesure qu’il circule, il sépare celles et ceux qui détiennent les moyens d’extraction, d’acheminement ou de vente de celles et ceux qui subissent les effets de la filière sur leurs milieux de vie. Les femmes en paient souvent le prix fort : invisibilisées dans les sphères techniques ou exécutives du secteur, assignées au travail du soin au service de cette économie, ou encore instrumentalisées pour renforcer des profits fossiles. Leur participation réelle contraste avec les récits publicitaires où l’inclusion se fait décor.

Analyser les industries pétrolières et parapétrolières – excluons l’extraction artisanale, de plus petite envergure – par le prisme du genre, c’est dévoiler pour partie la texture politique d’une matière qu’on dit brute. L’extraction, le transport et la combustion des hydrocarbures ont été façonnés par une culture de la domination : conquérir des territoires, contrôler des ressources, maîtriser la nature. Cette logique a longtemps été portée par des élites masculines, formées dans les corps d’ingénieurs où s’est transmise une certaine idée de la virilité mazoutée.

La chercheuse Cara New Daggett[7]New Daggett, C. (2023). Pétromasculinités. Editions Wildproject a proposé pour désigner cet ordre social le terme de « pétromasculinité » : un mot pour caractériser la manière dont les sociétés dépendantes du pétrole[8]Appert, M. (mars 2009). Dépendance automobile. Géoconfluences. https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/dependance-automobile se structurent autour de pratiques et d’imaginaires masculins. L’article qui suit s’appuie sur les apports croisés de l’écologie politique, des féminismes décoloniaux et des écoféminismes [9]Helbert, M. (2021). Women, Gender and Oil Exploitation. Palgrave Macmillan pour donner une épaisseur critique à ce concept analytique et lire autrement les chaînes de travail, de valeur et de sens qui structurent l’industrie pétrolière.

À la lumière de ces éléments, à quel point le concept de « pétromasculinité » permet-il de prendre la mesure des rapports de genre propres au monde fossile ?

L’or noir et ses virils courtisans

Le pétrole n’est pas seulement une ressource : c’est une culture[10]Sur la manière dont les infrastructures pétrolières ont façonné des régimes politiques, économiques et symboliques propres à l’ère fossile, voir : Mitchell, T. (2013). Carbon Democracy: … Continue reading. Ses pipelines, ses raffineries, ses marchés forment un réseau matériel, mais le pétrole irrigue aussi les imaginaires. L’« or noir » a façonné des modes de vie et des horizons de désir : ceux d’une modernité rapide, mobile, énergivore et virile. Il est devenu le carburant du monde motorisé, érigé en étendard du progrès. Il s’écoule dans les réservoirs des voitures, dans ceux des cargos, dans les emballages plastiques des marchandises de la planète. En saturant nos paysages, nos objets et nos rêves, il a modelé nos affects politiques et nos identités. La vitesse, la compétition et la performance apparaissent dans ses parages comme des vertus cardinales, et se confondent avec la capacité d’extraire, de contrôler et de consommer.

Même si de nouvelles sources d’énergie (solaire, éolien, biomasse) promettent de diversifier le mix énergétique, la rhétorique de la « transition énergétique » sert souvent de paravent à la continuité du modèle extractif. Notre époque relève davantage de l’addition énergétique[11]Fressoz, J-B. (2024). Transition énergétique. Géoconfluence.  https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/transition-energetique : ces nouvelles sources viennent s’empiler sur le socle pétrolier, sans le déboulonner. Elles sécurisent et légitiment sa permanence, et ainsi le pétrole continue de structurer nos sociétés. Le comble étant que les opérateurs pétroliers eux-mêmes se positionnent sur l’électricité et les renouvelables : « Sans Total, la transition énergétique risque d’attendre longtemps »[12]Mediavilla, C. et Pogam, P. (30 mars 2021). Patrick Pouyanné: « Sans Total, la transition énergétique risque d’attendre longtemps ». L’Express. … Continue reading, abondait Patrick Pouyanné en 2021 déjà.

C’est ce que les chercheur·euse·s désignent par « pétroculture »[13]New Daggett, C. (2023). Pétromasculinités. Editions Wildproject : un ensemble de pratiques, de représentations et de dépendances matérielles qui font du pétrole la matrice de nos habitudes. Cette culture énergétique, loin d’être neutre, se teinte d’attributs masculins : c’est l’essence même de la « pétromasculinité »[14] New Daggett, C. (2023). Pétromasculinités. Editions Wildproject. « Drill, baby, drill! »[15]“Fore, chéri, fore” : il s’agit du slogan de campagne du parti républicain en 2008, repris par Trump dans sa campagne de 2024 et à son investiture en 2025. Le jour-même de cette … Continue reading. La domination énergétique épouse les contours de la domination masculine. Pour l’autrice Cara New Daggett, la loi du fossile justifie bien tout à la fois la subordination des femmes et la mise au pas de la nature. Cependant, sa lecture revient en grande partie à l’idée selon laquelle « le pétrole entretient le patriarcat »[16]Helbert, M. (2021). Women, Gender and Oil Exploitation. Palgrave Macmillan, p.116. Maryse Helbert y critique l’idée selon laquelle  « Petroleum Perpetuates Patriarchy », « le pétrole … Continue reading. Elle ne saisit pas toujours l’épaisseur sectorielle de l’ordre genré pétrolier, c’est-à-dire la manière dont les rapports de genre se recomposent dans les contextes spécifiques de l’extraction, de la logistique ou du raffinage.

C’est précisément ce que souligne Maryse Helbert : réduire le pétrole à un simple instrument du patriarcat, c’est ignorer la manière dont les rapports de genre se jouent dans la matérialité même des sites d’exploration, dans le travail reproductif, les inégalités de classe ou les résistances locales[17]Helbert, M. (2021). Women, Gender and Oil Exploitation. Palgrave Macmillan, p.14.. Autrement dit, l’exploitation pétrolière n’imite pas le patriarcat mais l’invente à nouveau à la mesure des machines et des empires du brut. Ses effets débordent d’ailleurs largement le périmètre des plateformes et des pipelines pour structurer des rapports de domination bien au-delà du secteur extractif, de la militarisation des politiques de « sécurité énergétique »[18]Dalby, S. (2020). Anthropocene Geopolitics: Globalization, Security, Sustainability. University of Ottawa Press à la diffusion d’imaginaires virils de la mobilité[19]New Daggett, C. (2023). Pétromasculinités. Editions Wildproject et jusqu’aux autres sphères que la pétroculture infiltre.

Nervures d’un fossile masculin : coûts genrés et externalisés de l’industrie pétrolière

Du delta du Niger aux sables bitumineux de l’Alberta, l’exploitation fossile s’est bâtie sur des territoires rendus disponibles par la colonisation. Le pétrole ne jaillit jamais seul : il exige routes, oléoducs, ports et conduites qui redessinent les espaces et les fragmentent. Dans les champs pétroliers de Port Harcourt ou d’Onogiland, les torchères brûlent jour et nuit. L’air est saturé de vapeurs d’hydrocarbures, les sols rendus stériles, les rivières couvertes d’un film gras. Les multinationales (Shell, TotalEnergies, Chevron) ont depuis des décennies édifié là leur puissance. Et dans cette économie de l’extraction, les femmes racisées occupent une face cachée du travail. Elles lavent les vêtements imprégnés de pétrole, assurent le soin des corps et des communautés abîmées par l’industrie, protestent lorsque les pêcheur·euse·s perdent leurs moyens de subsistance. En 2002-2003, des femmes nigérianes ont par exemple protesté contre les activités de Chevron, occupé des plateformes, saboté, manifesté, boycotté[20]Turner, T et Brownhill, L. (2024). Why Women Are at War with Chevron: Nigerian Subsistence Struggles against the International Oil Industry. [Pourquoi les femmes sont en guerre contre Chevron : la … Continue reading. Terisa Turner et Leigh Brownhill étudient ce cas pour montrer que les femmes défendent, en riposte d’une « économie de la mort », la subsistance : elles endossent un rôle central dans le tissage de réseaux de solidarité. 

Cette dimension genrée de l’exploitation n’est pas un simple effet du patriarcat, elle lui donne chair et s’inscrit dans un continuum colonial. En important massivement les hydrocarbures des Suds, les puissances industrielles des Nords privatisent les bénéfices et externalisent les dégâts, faisant des territoires extractifs des « zones de sacrifice »[21]Juskus, R. (2003). Sacrifice Zones: A Genealogy and Analysis of an Environmental Justice Concept, Environmental Humanities. 15(1). 3–24. https://doi.org/10.1215/22011919-10216129 où se cumulent inégalités de genre, de classe et de race. Ce sont les grandes compagnies et les technostructures étatiques, majoritairement masculines, qui s’octroient les gains tout en s’appuyant sur un puissant discours de légitimation. Elles mobilisent une narration développementiste[22]Svampa, M. (2011). Néo-« développementisme » extractiviste, gouvernements et mouvements sociaux en Amérique latine. Problèmes d’Amérique Latine pour dissimuler les violences produites : l’extraction est présentée comme une manière d’apporter le progrès, de moderniser les économies locales et de créer des opportunités.

Cette hiérarchie se joue aussi dans l’organisation interne des entreprises et les bureaux des Nords, sous d’autres formes d’exclusion. Chez TotalEnergies, Saudi Aramco ou encore ExxonMobil, les conseils d’administration restent composés à plus de 80 % d’hommes selon le rapport Untapped Reserves du Boston Consulting Group et du World Petroleum Council publié en 2021[23]Von Lonski, U et al. (2021).  Untapped Reserves 2.0 Driving :  Gender Balance in Oil and Gas. Boston Consulting Group. https://www.bcg.com/publications/2021/gender-diversity-in-oil-gas-industry. Les femmes ne représentent que 22 % de la main-d’œuvre du secteur du pétrole et du gaz. Plus encore, elles composent un seul pourcent des PDG. Les postes de direction sont les bastions d’une culture du risque et d’une rhétorique qui naturalise le lien entre courage d’extraire et masculinité. Autrement dit, le pouvoir énergétique, du forage à la décision, reste entre les mains d’hommes.

Cette sous-représentation, plus qu’un retard de mixité, traduit une architecture professionnelle reposant sur des réseaux de pouvoirs masculins et masculinistes. Elle participe au coût genré de l’ordre pétrolier. Elle prend vie dans les grandes écoles d’ingénieurs et les corps d’État. L’exemple français nous renvoie à des voies d’accès privilégiées aux grandes entreprises industrielles et énergétiques : l’Ecole des Mines de Paris, Polytechnique, CentraleSupélec. Les dirigeants prolongent souvent ces formations techniques par un MBA (Master of Business Administration) ou une formation managériale. Les firmes participent souvent aux forums d’orientation, à des parrainages ou aux autres événements professionnalisants de ces antichambres de l’enseignement supérieur et de la recherche. En entretenant ces liens, elles nourrissent leurs viviers, comme a pu le faire Total sur le plateau de Saclay non sans contestation[24]Pellion, A. (24 avril 2025). Comment TotalEnergies continue de cultiver discrètement son influence à Polytechnique et sur le plateau de Saclay. Observatoire des multinationales. … Continue reading. Rappelons-alors, pour reconstituer le puzzle d’un monde masculin, que ses filières sont parmi les plus masculines du paysage universitaire. Dans le cas français, selon la CDEFI, seulement 29 % des effectifs étudiants sont des femmes en 2025, une proportion stagnante depuis plusieurs années[25]CDEFI. (20 janvier 2025). Lancement d’Ingénieuses 2025 : mobiliser les talents féminins dans l’ingénierie est plus que jamais une nécessité. Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises … Continue reading. Cette composition sexuée alimente l’exercice masculin dans le secteur.

Ainsi, la « pétromasculinité » ne doit pas rester une question d’imaginaires, c’est plutôt une économie politique incarnée où les privilèges énergétiques s’appuient sur une division sexuelle et raciale du travail. Cette économie est présente à chaque échelon de la production, et exerce sa violence de manière spécifique sur les femmes.

Matières inflammables : luttes et contre-feux

Face à un ordre énergétique pétromasculin, des luttes écoféministes affirment que l’extraction est un régime politique évitable. Ces mouvements articulent justice sociale et environnementale. Les réseaux de femmes militantes souhaitent incarner une écologie du soin, de la sobriété et du collectif. Leurs revendications dessinent une alternative systémique : elles visent la sortie de la dépendance fossile, la réduction du temps de travail et de la consommation, la relocalisation des économies et la reconnaissance des activités reproductives. Toutes ces solutions, c’est aussi dire qu’« installer des femmes et des panneaux solaires ne suffit pas »[26] New Daggett, C. (2023). Pétromasculinités. Editions Wildproject

Pourtant, ces combats se heurtent à la puissance intacte des conglomérats pétroliers et de leurs relais politiques. L’OPEP, qui regroupe treize États producteurs, continue de peser dans les négociations climatiques. Lors de la COP28, présidée par Sultan Al Jaber (PDG d’Abu Dhabi National Oil Company), la déclaration finale a pour la première fois évoqué la sortie des énergies fossiles, mais sans calendrier contraignant[27]Pike, C. (13 décembre 2023). La COP28 se termine par un appel à « s’éloigner » des combustibles fossiles. ONU Info. https://news.un.org/fr/story/2023/12/1141597 . Le dernier rendez-vous d’envergure, la COP30 de Belém en 2025, s’est tenu dans un Brésil toujours dépendant du pétrole offshore et marqué par l’opération Lava Jato (ou scandale Petrobras)[28]Courrier International. (23 octobre 2025). Le Brésil accueillera la COP30 “les mains sales de pétrole”. Courrier International. … Continue reading, rappel brutal de la porosité structurelle entre gouvernements et majors fossiles. 1 600 accréditations y ont été délivrées à des lobbyistes des hydrocarbures, soit un taux record d’un participant sur 25 acquis aux agendas pétro-gaziers[29]Gosselin, P. et Bernard, R. (14 novembre 2025). En dépit des promesses, la COP30 prise d’assaut par les lobbies du pétrole. Reporterre. … Continue reading. Cette imbrication entre gouvernance climatique et intérêts fossiles illustre la résilience d’un patriarcat propre à la géopolitique énergétique. Les dirigeants, quasi exclusivement masculins, occupent l’espace politique et discursif mondial. Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Amin Nasser (Saudi Aramco) ou Alexeï Miller (Gazprom) figurent régulièrement parmi les délégations officielles des COP, au nom d’un réalisme énergétique censé tempérer des ambitions écologiques idéalistes.

Dans le même temps, les féministes qui défient cet ordre fossile subissent une répression accrue. Sur tous les continents, des collectifs sont criminalisés, taxés d’« écoterrorisme » ou, avec une coloration misogyne, d’« hystérie climatique ». Les actions de désobéissance civile sont suivies de procédures judiciaires lourdes. Malgré la faille qu’impriment les militantes au sein de l’empire pétrolier, les contre-feux sont souvent ceux d’un backlash. Les sommets internationaux sont caractéristiques de ce phénomène tant s’y intensifie le lobbyisme des géants pétroliers, de l’OPEP et de l’ensemble des consortiums internationaux. La COP30, qui approche, promet d’être un théâtre supplémentaire de cette pétromasculinité en imposant des solutions market-friendly, des partenariats inclusifs et des mesures cosmétiques plutôt qu’une transformation profonde. Cette contre-offensive délégitime souvent les luttes en les caricaturant comme extrémistes ou irréalistes, et la transition ne paraît pilotée que par ceux-là mêmes qui entretiennent l’ordre fossile masculiniste.

Pour finir, le cadre critique de la « pétromasculinité » tel qu’il est présenté par Cara New Daggett permet de visibiliser les imaginaires virils qui imprègnent l’industrie fossile. Il n’est pas exempt de critiques et peine par exemple à rendre compte du travail reproductif et de care assuré par les femmes dans les territoires extractifs sacrifiés, ou encore à caractériser plus précisément les violences coloniales et genrées qu’elles subissent. La pétromasculinité ne flotte pas dans les discours : elle coule dans les pipelines, flambe dans les cheminées et s’infiltre dans les territoires et les vies que le pétrole exploite.

References

References
1

Allain, A. (11 mars 2025). « Gender-washing » : comment les multinationales du secteur extractiviste détournent les revendications féministes. Observatoire des multinationales. https://multinationales.org/fr/enquetes/survivre-a-eacop/gender-washing-comment-les-multinationales-du-secteur-extractiviste-detournent#nb1

2 CNRTL. (n. d.). Définition « pétrole ». https://www.cnrtl.fr/definition/p%C3%A9trole
3 Du latin petra oleum
4 Piram, K. (2025). Le pétrole en 30 questions. La Documentation française. « Doc’ en poche »
5 Energy Institute. (2025). Statistical Review of World Energy. https://www.energyinst.org/statistical-review
6 Mitchell, T. (2013). Carbon Democracy. Le pouvoir politique à l’ère du pétrole, La Découverte
7, 13, 19 New Daggett, C. (2023). Pétromasculinités. Editions Wildproject
8 Appert, M. (mars 2009). Dépendance automobile. Géoconfluences. https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/dependance-automobile
9 Helbert, M. (2021). Women, Gender and Oil Exploitation. Palgrave Macmillan
10 Sur la manière dont les infrastructures pétrolières ont façonné des régimes politiques, économiques et symboliques propres à l’ère fossile, voir : Mitchell, T. (2013). Carbon Democracy: Political Power in the Age of Oil, Verso
11 Fressoz, J-B. (2024). Transition énergétique. Géoconfluence.  https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/transition-energetique
12 Mediavilla, C. et Pogam, P. (30 mars 2021). Patrick Pouyanné: « Sans Total, la transition énergétique risque d’attendre longtemps ». L’Express. https://www.lexpress.fr/economie/patrick-pouyanne-j-en-ai-assez-d-appartenir-au-club-des-petroliers-que-tout-le-monde-deteste_2147552.html
14, 26 New Daggett, C. (2023). Pétromasculinités. Editions Wildproject
15 “Fore, chéri, fore” : il s’agit du slogan de campagne du parti républicain en 2008, repris par Trump dans sa campagne de 2024 et à son investiture en 2025. Le jour-même de cette investiture, il sort de l’accord de Paris.
16 Helbert, M. (2021). Women, Gender and Oil Exploitation. Palgrave Macmillan, p.116. Maryse Helbert y critique l’idée selon laquelle  « Petroleum Perpetuates Patriarchy », « le pétrole entretient le patriarcat ».
17 Helbert, M. (2021). Women, Gender and Oil Exploitation. Palgrave Macmillan, p.14.
18 Dalby, S. (2020). Anthropocene Geopolitics: Globalization, Security, Sustainability. University of Ottawa Press
20 Turner, T et Brownhill, L. (2024). Why Women Are at War with Chevron: Nigerian Subsistence Struggles against the International Oil Industry. [Pourquoi les femmes sont en guerre contre Chevron : la lutte pour la subsistance des Nigérianes contre l’industrie pétrolière internationale]. Journal of Asian and African Studies
21 Juskus, R. (2003). Sacrifice Zones: A Genealogy and Analysis of an Environmental Justice Concept, Environmental Humanities. 15(1). 3–24. https://doi.org/10.1215/22011919-10216129
22 Svampa, M. (2011). Néo-« développementisme » extractiviste, gouvernements et mouvements sociaux en Amérique latine. Problèmes d’Amérique Latine
23 Von Lonski, U et al. (2021).  Untapped Reserves 2.0 Driving :  Gender Balance in Oil and Gas. Boston Consulting Group. https://www.bcg.com/publications/2021/gender-diversity-in-oil-gas-industry
24 Pellion, A. (24 avril 2025). Comment TotalEnergies continue de cultiver discrètement son influence à Polytechnique et sur le plateau de Saclay. Observatoire des multinationales. https://multinationales.org/fr/a-chaud/sur-le-front/comment-totalenergies-continue-de-cultiver-discretement-son-influence-a
25 CDEFI. (20 janvier 2025). Lancement d’Ingénieuses 2025 : mobiliser les talents féminins dans l’ingénierie est plus que jamais une nécessité. Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs. http://www.cdefi.fr/fr/actualites/lancement-dingenieuses-2025-mobiliser-les-talents-feminins-dans-lingenierie-est-plus-que-jamais-une-necessite
27 Pike, C. (13 décembre 2023). La COP28 se termine par un appel à « s’éloigner » des combustibles fossiles. ONU Info. https://news.un.org/fr/story/2023/12/1141597
28 Courrier International. (23 octobre 2025). Le Brésil accueillera la COP30 “les mains sales de pétrole”. Courrier International. https://www.courrierinternational.com/article/environnement-le-bresil-accueillera-la-cop30-les-mains-sales-de-petrole_236638
29 Gosselin, P. et Bernard, R. (14 novembre 2025). En dépit des promesses, la COP30 prise d’assaut par les lobbies du pétrole. Reporterre. https://reporterre.net/En-depit-des-promesses-la-COP30-prise-d-assaut-par-les-lobbies-du-petrole