Le fémonationalisme français ou la valorisation d’une identité nationale par des injonctions patriarcales

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15.01.2022

Marion Diette

Le 5 septembre 2021, s’indignant d’un féminicide, Marine Le Pen, ancienne présidente du Rassemblement National, évoque une « talibanisation de certains quartiers » et affirme que « l’immigration de masse a pour corollaires le communautarisme et le recul terrifiant des droits des femmes[1]John Timsit, « Meutre de Shaina : la droite et le RN s’insurgent contre une « talibanisation » de la France », Le Figaro, 06/09/21, URL : … Continue reading». Dans la continuité de ces propos, un sénateur appartenant au même parti politique ajoute que « quand on fait venir des immigrés par millions, on fait aussi venir leurs mœurs[2]John Timsit, « Meutre de Shaina : la droite et le RN s’insurgent contre une « talibanisation » de la France », Le Figaro, 06/09/21, URL : … Continue reading». Par ces arguments, iels imputent les violences faites aux femmes à l’autre, ici à des personnes issues de l’immigration.

Dans de tels discours, les droits des femmes sont érigés en éléments constitutifs de la République française dans l’objectif de justifier des mesures et des propos racistes et/ou de s’opposer à des pratiques jugées indésirables par leur origine et leur caractère, considérés comme sexistes.

Dès lors, cet article entend analyser un concept qui décrit ces phénomènes en particulier : « le fémonationalisme ». Développé par Sara Farris, il se définit comme « la mobilisation contemporaine des idées féministes par les partis nationalistes et les gouvernements néolibéraux sous la bannière de la guerre contre le patriarcat supposé de l’Islam en particulier, et des migrants du Tiers monde en général[3]FARRIS, Sara, « Femonationalism and the ‘Reserve’ Army of Labor Called Migrant Women », History of the Present, n°2, vol.2, 2012, pp. 184-199 ; Traduit de l’anglais par Marie-Gabrielle de … Continue reading».

La critique du port du voile, comme pratique qui conduirait à l’asservissement des femmes et qui mettrait en péril l’identité nationale, constituera une étude de cas sur laquelle cet article s’appuiera, en ce qu’elle est un exemple probant de manifestation du fémonationalisme. Il s’agira d’interroger les rapports de pouvoir à l’œuvre dans la mobilisation du fémonationalisme français. Plus encore, il s’agit de comprendre comment la mobilisation de causes féministes participe à l’hégémonie de la culture française, et à la reproduction de logiques patriarcales, et ce, dans un État au sein duquel les mouvements féministes connaissent des répressions.

Les manifestations du fémonationalisme : le voile comme ennemi de la République française

À l’été 2016, plusieurs maires ont pris des arrêtés pour interdire le port du burkini sur les plages[4]« Burkini : le maire de Cannes interdit les vêtements religieux à la plage », Le Monde, 11/08/16, URL : … Continue reading, décisions soutenues par le premier ministre de l’époque, Manuel Valls, qui considère le burkini comme un objet traduisant « l’asservissement de la femme » et qui « n’est pas compatible avec les valeurs de la France et de la République[5]« Nice interdit à son tour le burkini sur les plages », Le Monde, 19/08/16, URL : … Continue reading ». Le 11 octobre 2019, un élu du Rassemblement National demande à une mère accompagnant une classe d’élèves pour une sortie scolaire au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté de retirer son voile « au nom des principes Républicains, au nom aussi de toutes les femmes qui luttent dans le monde pour s’extirper de la dictature islamique[6]« Femme voilée au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté : un problème de fond qui n’est pas tranché dit Julien Odoul », Franceinfo, 17/10/19, URL : … Continue reading ». Ces situations témoignent d’une perception du port du voile comme symbole d’hostilité à la République française. Il est présenté comme contraire au principe de laïcité, défini non pas seulement selon les termes de la loi de 1905[7]La loi de 1905 instaure une séparation entre l’Église et l’État. Selon cette loi, la laïcité est définie, sur le site du gouvernement français accessible avec l’URL suivante : … Continue reading, mais principalement à partir de la conception d’une « nouvelle laïcité » proposée dans le rapport Baroin de 2003[8]Le rapport Baroin en 2003 est accessible à l’URL suivante : https://www.voltairenet.org/rubrique506.html?lang=fr. qui consiste en la neutralité des citoyen·ne·s face à la religion, devant être renvoyée à la sphère privée[9]BARD, Christine, « « Le féminisme est laïque » », dans Féminismes. 150 ans d’idées reçues. Paris, Le Cavalier Bleu, 2020, p. 239-252.. La laïcité serait donc un pilier pour l’émancipation des femmes en ce qu’elle garantirait une liberté face à la coercition que représente traditionnellement la religion. Le voile est présenté comme un objet d’asservissement des femmes par son caractère de contrainte imposée par les hommes. En se « soumettant » à cette contrainte, les femmes desserviraient les causes féministes présentées comme des valeurs de la République française. En effet, « le voile a de fait été construit comme une anomalie au sein de la République, un signe religieux qui heurterait plus généralement le sens commun de l’égalité des sexes et de la laïcité comme valeur constitutive de l’Occident[10]BENTOUHAMI, Hourya , « Les féminismes, le voile et la laïcité à la française », Socio, n°11, 2018, p.117-140. ». Ces arguments sont les manifestations d’un fémonationalisme, et reposent notamment sur la critique du port du voile, par des femmes, pour défendre une identité nationale face au risque que représente l’altérité.

Dun féminisme à lautre, pour luniversalisme français

En France, les discours fémonationalistes s’apparentent à ceux du féminisme nationaliste. S. Farris rappelle que le fémonationalisme ne doit pas être considéré comme une alliance avec les féministes[11]Ibid, p.2. Elle explique que les raisons des oppositions au port du voile par des féministes sont différentes de celles du fémonationalisme. En effet, le fémonationalisme consiste à défendre une identité nationale en mobilisant des causes féministes tandis que le féminisme nationaliste, comme l’illustrent les revendications du collectif Némésis, s’attache à défendre les droits des femmes, occidentales, contre « l’impact dangereux de l’immigration de masse » [12]Présentation de ce collectif féministe nationaliste sur leur site accessible à l’URL suivante: https://collectif-nemesis.com/notre-manifeste/ en promouvant « la civilisation européenne […] comme berceau de leur épanouissement[13]Présentation de ce collectif féministe nationaliste sur leur site accessible à l’URL suivante: https://collectif-nemesis.com/notre-manifeste/ ». Il est ici question de combattre les cultures étrangères, et notamment arabo-musulmane, présentées comme sexistes, à partir de la valorisation du modèle européen et notamment français. Ces féministes prônent le dévoilement des corps comme principe d’émancipation et de liberté des femmes tout en condamnant leur objectification dans des supports audio-visuels dans lesquels elles sont exposées nues[14]HANCOCK, Claire, « Le corps féminin, enjeu géopolitique dans la France postcoloniale », L’Espace Politique [En ligne], n°13, vol.1, 2011, URL : … Continue reading. Cette contradiction est le fruit d’une conception occidentalo-centrée des droits des femmes qui tend à s’universaliser[15]VERGÈS, Françoise, « Féminismes décoloniaux, justice sociale, anti-impérialisme », Tumultes, n°48, vol.1, 2017(a), p.157-168.. Iels présentent l’Occident, et notamment la France, comme le bon modèle de civilisation pour l’émancipation des femmes à partir de la défense du système de valeurs de la République. Alors, il s’agit « d’altériser le sexisme[16]BENTOUHAMI, Hourya , « Les féminismes, le voile et la laïcité à la française », Socio, n°11, 2018, p.117-140. » et le patriarcat en l’assignant à l’autre. L’autre n’étant pas seulement une personne étrangère, mais aussi, et surtout, une personne qui porte une culture présentée comme étrangère dont les pratiques ne semblent pas s’apparenter aux normes occidentales. Dans un modèle d’indifférence aux différences, où les individus sont des citoyen·ne·s respectant une neutralité, dépourvu·e·s de particularité, l’autre représente une menace à l’équilibre de ce modèle républicain.

En tentant de défendre les causes féministes, les individus inscrits dans une démarche fémonationaliste (re)produisent des rapports de pouvoir à une échelle transnationale. Iels hiérarchisent les sociétés et les cultures, présentant celle française comme le meilleur modèle. Il est question d’une reproduction des rapports de pouvoir dans la mesure où le modèle français est un héritage de son passé colonial qui a conduit à cette hiérarchisation. Ses vestiges continuent d’influencer les représentations[17]KILANI, Mondher, « Il faut déconfessionnaliser la laïcité. Le religieux imprègne encore les imaginaires », Journal des anthropologues, n°1, vol.100-101, 2005, p.37-48. et de déterminer la place privilégiée de la France dans ces rapports par des dynamiques de domination qui sont historiquement à son avantage. Le fémonationalisme repose sur des arguments universalistes, un référentiel occidentalo-centré, ainsi que sur la défense d’une conception hégémonique des libertés, notamment de l’émancipation des femmes, en prenant les femmes comme arguments et comme cibles.

Une assimilation genrée : des femmes prises pour cibles

Les discours fémonationalistes se construisent sur la défense d’une identité nationale en proposant un système de valeurs commun autour duquel se forme un enjeu d’assimilation. En effet, « en invoquant les “valeurs de la République”, on peut en effet vouloir dire que “l’identité française” repose sur un ensemble de “mœurs” et de “coutumes” constitutives d’une “culture”, d’un “mode de vie” majoritairement observé par la “communauté nationale” et auquel devraient “s’assimiler” ceux qui souhaitent en faire partie[18]PELABAY, Janie, « Chapitre 8 – La République des « valeurs » : entre public et privé, quel lien citoyen ? », in Pascal Perrineau éd., La démocratie de l’entre-soi. Presses de … Continue reading». Cet enjeu d’assimilation est sous-jacent au fémonationalisme qui s’opère dans un contexte de migration et notamment celui géopolitique de la chaine du care[19]Le care est généralement défini comme le fait de « prendre soin ». Il comprend des activités liées aux soins en termes de travail et renvoie aux normes de la féminité qui consistent à … Continue reading selon S. Farris[20]FARRIS, Sara, « Femonationalism and the ‘Reserve’ Army of Labor Called Migrant Women », History of the Present, n°2, vol.2, 2012, pp. 184-199.. Le care consiste en des activités de soin qui sont assignées aux femmes et majoritairement réalisées par des femmes issues de l’immigration. L’assimilation est effective si les femmes adoptent les normes de la féminité occidentale. En abandonnant le voile, elles valideraient les mythes de la nation française comme celle des droits humains, et de l’égalité[21]SENAC, Réjane, « La mythologie de l’égalité : entre valeur républicaine et féminisme de l’altérité », Pouvoirs, vol.173, n°2, 2020, pp. 89-100. entre toustes, participant à son rayonnement. Autrement, elles le mettraient en péril et seraient perçues comme « victimes de leur propre culture[22]FARRIS, Sara, « Femonationalism and the ‘Reserve’ Army of Labor Called Migrant Women », History of the Present, n°2, vol.2, 2012, pp. 184-199. ». Les personnes tenant des discours fémonationalistes se présentent comme défenseur·se·s des droits des femmes tout en identifiant des femmes comme celles qui ont la potentialité de mettre à mal la République. En effet, par la critique du port du voile, des femmes sont stigmatisées pour avoir adopter des pratiques qui, par ailleurs, seraient le résultat de comportements sexistes et oppressifs décrits par ces défenseur·se·s comme étant ceux d’hommes[23]ROUX, Patricia ; GIANETTONI, Lavinia ; PERRIN, Céline, « Féminisme et racisme. Une recherche exploratoire sur les fondements des divergences relatives au port du foulard », Nouvelles … Continue reading.

Ainsi, « c’est au nom du féminisme que l’on punit les femmes voilées avec ce paradoxe que l’émancipation passe par le « dévoilement », le voile étant associé aussi bien aux signes d’une domination masculine exogène, réduite à la spécificité culturelle de l’islam, qu’à la fausse conscience de ces femmes qui se tromperaient en trouvant dans la religion leur salut plutôt que dans l’allégeance aux codes vestimentaires de la neutralité républicaine.[24]BENTOUHAMI, Hourya , « Les féminismes, le voile et la laïcité à la française », Socio, n°11, 2018, p.117-140. ». Dans cette perspective, les femmes voilées ne sont pas actrices de leur existence, mais victimes ou complices du patriarcat exogène, et sont soumises à des injonctions patriarcales occidentalo-centrées. Le fémonationalisme s’inscrit et repose sur des rapports de pouvoir entre les cultures, mais également entre les genres dans la mesure où les femmes sont les premières cibles du fémonationalisme, mobilisé d’ailleurs par une majorité d’hommes[25]Il existe évidemment une part importante de femmes qui mobilisent de tels arguments, pour autant, du fait des rapports de genre, la visibilité et la place des hommes dans le débat public … Continue reading. Le fémonationalisme cible des individus qui se retrouvent à l’intersection de différents marqueurs. Il s’agit de femmes, stigmatisées pour leur origine ethnique et/ou leur religion. Alors, tout en dénonçant un patriarcat qualifié d’étranger, ces individus reproduisent des logiques patriarcales à vocation universaliste, ce qui renforce et valide le caractère instrumental des féminismes dans le fémonationalisme.

Linstrumentalisation des féminismes par intérêt

La République française est présentée comme la nation des libertés et l’égalité entre toustes dont « le féminisme est devenu un label de la respectabilité républicaine[26]SENAC, Réjane, « La mythologie de l’égalité : entre valeur républicaine et féminisme de l’altérité », Pouvoirs, vol.173, n°2, 2020, pp. 89-100. ». Pourtant, lors des primaires pour la présidentielle de 2022, une candidate du parti écologique positionnée comme féministe, a été perçue comme « une folle furieuse », une « illuminée[27]Romain Herreros, « Sur CNews, la remarque sexiste de ce chroniqueur contre Rousseau, indigne la classe politique », Huffingtonpost, 26/09/21, URL : … Continue reading ». Les obstacles pour les femmes voulant accéder à des postes à hautes responsabilités sont encore nombreux, et ce, dans une société où le féminisme est traditionnellement défini comme « une pathologie d’abord médicale, puis sociale et politique. Être féministe, c’est ainsi être perçu·e comme mettant en danger un ordre et un équilibre fondés sur le respect d’une complémentarité sexuée prétendument naturelle[28]Ibid, p.5 ». Cette conception conduit à plusieurs formes d’oppositions. Il s’agit par exemple de répressions policières de manifestations féministes[29]« Des associations féministes dénoncent des « violences policières » en marge d’une manifestation samedi à Paris », Le Monde, 08/03/20, URL : … Continue reading, d’amendes pour des collages qui comportent un enjeu de visibilité des violences sexistes et sexuelles dans l’espace public[30]Robin Korda, « Paris : 400 euros pour avoir collé des affiches contre les féminicides », Le Parisien, 07/09/19, URL : … Continue reading. Elles peuvent prendre la forme de protestations directes comme celles exprimées par le ministre de l’éducation, J-M. Blanquer à propos du wokisme –mouvement de contestations du colonialisme, du patriarcat et de l’hétéronormativité- présenté comme un « logiciel victimaire au détriment des fondements démocratiques de notre société[31]« Jean-Michel Blanquer : le wokisme est une « doctrine » à laquelle « la France et sa jeunesse doivent échapper » », Le Figaro, 14/10/21, URL : … Continue reading ». Ces exemples indiquent une hostilité aux féminismes, alors même qu’ils sont mobilisés pour valoriser l’identité nationale. Ainsi, il est possible d’aborder le fémonationalisme comme un backlash[32]MANSBRIDGE, Jane ; SHAMES, Shauna. L, « Vers une théorie du backlash : la résistance dynamique et le rôle fondamental du pouvoir », Recherches féministes, vol.25, n°1, 2012, 151–162. – à savoir la réaction face à une transformation des structures de pouvoir en vue de conserver ou restaurer le statu quo– dans la mesure où il s’agit d’une réaction face aux transformations que suscitent la plus grande visibilité des différences dans un État qui se caractérise par l’indifférence aux différences. Les rapports tendent à être transformés, et les individus dominants dans ce système voient leur pouvoir perdre en légitimité.

Les tenant·e·s du fémonationalisme s’établissent comme défenseur·se·s d’une identité nationale par une « gynophilie autoproclamée[33]BARD, Christine ; PAOLETTI, Marion, « La France, féministe ou antiféministe ? », Travail, genre et sociétés, vol.32, n°2, 2014, pp. 141-144. » qui est un argument mobilisé pour des intérêts nationalistes, économiques, et géopolitiques.

Conclusion

En France, certaines pratiques, comme le port du voile, sont considérées comme menaçant la République française parce qu’elles mettraient en péril l’égalité entre les genres présentées comme une valeur de la République et celle de la laïcité comme propice à l’émancipation des femmes. Ces arguments relèvent du fémonationalisme. Ils sont ceux d’individus qui s’emparent d’arguments féministes pour défendre l’identité nationale, présentant la France comme la nation des libertés et des droits des femmes, comme le modèle à adopter pour respecter les droits des femmes. Finalement, iels proposent une conception hégémonique de l’émancipation féminine en encourageant les femmes à adopter les normes de la féminité occidentale pour prétendre à la liberté. Le fémonationalisme français reproduit donc des rapports de pouvoir dans la mesure où il conduit à la hiérarchisation des cultures par des injonctions patriarcales.

Pour citer cet article : Marion Diette, “Le fémonationalisme français ou la valorisation d’une identité nationale par des injonctions patriarcales”, 15.01.2022, Institut du Genre en Géopolitique.

Les propos contenus dans cet article n’engagent que l’auteur.ice.

References

References
1 John Timsit, « Meutre de Shaina : la droite et le RN s’insurgent contre une « talibanisation » de la France », Le Figaro, 06/09/21, URL : https://www.lefigaro.fr/politique/meurtre-de-shaina-la-droite-et-le-rn-s-insurgent-contre-une-talibanisation-de-la-france-20210906
2 John Timsit, « Meutre de Shaina : la droite et le RN s’insurgent contre une « talibanisation » de la France », Le Figaro, 06/09/21, URL : https://www.lefigaro.fr/politique/meurtre-de-shaina-la-droite-et-le-rn-s-insurgent-contre-une-talibanisation-de-la-france-20210906
3 FARRIS, Sara, « Femonationalism and the ‘Reserve’ Army of Labor Called Migrant Women », History of the Present, n°2, vol.2, 2012, pp. 184-199 ; Traduit de l’anglais par Marie-Gabrielle de Liedekerke accessible à l’adresse URL : https://www.contretemps.eu/les-fondements-politico-economiques-du-femonationalisme/ Citation d’origine : « the contemporary mobilization of feminist ideas by nationalist parties and neoliberal governments under the banner of the war against the perceived patriarchy of Islam in particular, and of migrants from the Global South in general »
4 « Burkini : le maire de Cannes interdit les vêtements religieux à la plage », Le Monde, 11/08/16, URL : https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/08/11/le-maire-de-cannes-interdit-les-vetements-religieux-a-la-plage_4981587_3224.html  ; « Après Cannes, Villeneuve-Loubet interdit le burkini », Le Monde, 13/08/16, URL : https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/08/13/apres-cannes-villeneuve-loubet-interdit-le-burkini_4982366_3224.html ; « Le maire du Touquet prend un arrêté anti-burkini (mais par anticipation) », Huffingtonpost, 16/08/16, URL : https://www.huffingtonpost.fr/2016/08/16/touquet-burkini-daniel-fasquelle-_n_11541894.html
5 « Nice interdit à son tour le burkini sur les plages », Le Monde, 19/08/16, URL : https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/08/19/nice-interdit-a-son-tour-le-burkini-sur-les-plages_4985067_3224.html
6 « Femme voilée au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté : un problème de fond qui n’est pas tranché dit Julien Odoul », Franceinfo, 17/10/19, URL : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or/dijon/femme-voilee-au-conseil-regional-bourgogne-franche-comte-probleme-fond-qui-n-est-pas-tranche-dit-julien-odoul-1737741.html
7 La loi de 1905 instaure une séparation entre l’Église et l’État. Selon cette loi, la laïcité est définie, sur le site du gouvernement français accessible avec l’URL suivante : https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-la-laicite, comme la libre expression religieuse « dans les limites du respect de l’ordre public », la non-intervention de l’État dans la question religieuse qui se doit de respecter une neutralité religieuse en défendant l’égalité entre toutes les religions.
8 Le rapport Baroin en 2003 est accessible à l’URL suivante : https://www.voltairenet.org/rubrique506.html?lang=fr.
9 BARD, Christine, « « Le féminisme est laïque » », dans Féminismes. 150 ans d’idées reçues. Paris, Le Cavalier Bleu, 2020, p. 239-252.
10, 16, 24 BENTOUHAMI, Hourya , « Les féminismes, le voile et la laïcité à la française », Socio, n°11, 2018, p.117-140.
11 Ibid, p.2
12, 13 Présentation de ce collectif féministe nationaliste sur leur site accessible à l’URL suivante: https://collectif-nemesis.com/notre-manifeste/
14 HANCOCK, Claire, « Le corps féminin, enjeu géopolitique dans la France postcoloniale », L’Espace Politique [En ligne], n°13, vol.1, 2011, URL : https://journals-openedition-org.docelec.u-bordeaux.fr/espacepolitique/1882.
15 VERGÈS, Françoise, « Féminismes décoloniaux, justice sociale, anti-impérialisme », Tumultes, n°48, vol.1, 2017(a), p.157-168.
17 KILANI, Mondher, « Il faut déconfessionnaliser la laïcité. Le religieux imprègne encore les imaginaires », Journal des anthropologues, n°1, vol.100-101, 2005, p.37-48.
18

PELABAY, Janie, « Chapitre 8 – La République des « valeurs » : entre public et privé, quel lien citoyen ? », in Pascal Perrineau éd., La démocratie de l’entre-soi. Presses de Sciences Po, 2017, pp. 119-132.

19 Le care est généralement défini comme le fait de « prendre soin ». Il comprend des activités liées aux soins en termes de travail et renvoie aux normes de la féminité qui consistent à prendre soin, à se soucier des autres, à veiller à leur bien-être. Pour plus d’informations sur ce sujet, je vous conseille de vous référer aux travaux de Carole Gilligan : Gilligan C. (1982). In A Different Voice, Cambridge, Mass. : Harvard University Press ; Gilligan C. (2008) Une voix différente, Pour une éthique du care, Traduction revue par Vanessa Nurock, Paris : Champs Flammarion ; pour des informations concernant la chaine du care, je vous conseille la lecture du travail mené par Caroline Ibos : Caroline Ibos, « La mondialisation du care. Délégation des tâches domestiques et rapports de domination », Métropolitiques, 6 juin 2012. URL : http://www.metropolitiques.eu/La- mondialisation-du-care.html.
20, 22 FARRIS, Sara, « Femonationalism and the ‘Reserve’ Army of Labor Called Migrant Women », History of the Present, n°2, vol.2, 2012, pp. 184-199.
21, 26 SENAC, Réjane, « La mythologie de l’égalité : entre valeur républicaine et féminisme de l’altérité », Pouvoirs, vol.173, n°2, 2020, pp. 89-100.
23 ROUX, Patricia ; GIANETTONI, Lavinia ; PERRIN, Céline, « Féminisme et racisme. Une recherche exploratoire sur les fondements des divergences relatives au port du foulard », Nouvelles Questions Féministes, vol.25, n°1, 2006, pp. 84-106.
25 Il existe évidemment une part importante de femmes qui mobilisent de tels arguments, pour autant, du fait des rapports de genre, la visibilité et la place des hommes dans le débat public médiatisé est plus imposante.
27 Romain Herreros, « Sur CNews, la remarque sexiste de ce chroniqueur contre Rousseau, indigne la classe politique », Huffingtonpost, 26/09/21, URL : https://www.huffingtonpost.fr/entry/cnews-remarque-sexiste-chroniqueur-sandrine-rousseau-indigne-classe-politique_fr_61505dfde4b098483a7720ef
28 Ibid, p.5
29

« Des associations féministes dénoncent des « violences policières » en marge d’une manifestation samedi à Paris », Le Monde, 08/03/20, URL : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/08/des-associations-feministes-denoncent-des-violences-policieres-en-marge-d-une-manifestation-samedi-a-paris_6032250_3224.html et Fanny Ohier, « Bordeaux : une manifestante blessée, quatre arrêtées à la marche féministe du 8 mars », France Bleu, 11/03/19, URL : https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/bordeaux-quatre-arrestations-et-une-manifestante-blessee-a-la-marche-feministe-nocturne-du-8-mars-1552328412

30 Robin Korda, « Paris : 400 euros pour avoir collé des affiches contre les féminicides », Le Parisien, 07/09/19, URL : https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-400-euros-pour-avoir-colle-des-affiches-contre-les-feminicides-07-09-2019-8147532.php
31 « Jean-Michel Blanquer : le wokisme est une « doctrine » à laquelle « la France et sa jeunesse doivent échapper » », Le Figaro, 14/10/21, URL : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/jean-michel-blanquer-le-wokisme-est-une-doctrine-a-laquelle-la-france-et-sa-jeunesse-doivent-echapper-20211014
32 MANSBRIDGE, Jane ; SHAMES, Shauna. L, « Vers une théorie du backlash : la résistance dynamique et le rôle fondamental du pouvoir », Recherches féministes, vol.25, n°1, 2012, 151–162.
33 BARD, Christine ; PAOLETTI, Marion, « La France, féministe ou antiféministe ? », Travail, genre et sociétés, vol.32, n°2, 2014, pp. 141-144.