L’intégration de la perspective genre dans les opérations humanitaires des ONG internationales 1/2

07.01.2021

Aidalaye DIOP

« Intégrer une démarche d’équité entre les sexes, c’est évaluer les incidences pour les femmes et pour les hommes de toute action envisagée, notamment dans la législation, les politiques ou les programmes, dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Il s’agit d’une stratégie visant à incorporer les préoccupations et les expériences des femmes aussi bien que celles des hommes dans l’élaboration, la mise en œuvre, la surveillance et l’évaluation des politiques et des programmes dans tous les domaines – politique, économique et social – de manière que les femmes et les hommes bénéficient d’avantages égaux et que l’inégalité ne puisse se perpétuer. Le but ultime est d’atteindre l’égalité entre les sexes1]Citation de la Déclaration et du Programme d’Action de Pékin de 1995, 4e conférence des Nations Unies, que l’on peut retrouver ici :  https://www.un.org/womenwatch/daw/beijing/pdf/BDPfA%20F.pdf  . »

La reconnaissance du genre à échelle mondiale

C’est ainsi qu’en 1997, le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC)2]Un des six organes des Nations Unies chargé de coordonner les travaux économiques et sociaux des 14 agences spécialisées de l’ONU, il agit au cœur du système pour le développement en définissant les normes internationales et priorités dans les domaines économique, social, culturel, santé ainsi que les droits de l’homme et libertés fondamentales. a inscrit à son ordre du jour la nécessité de l’intégration d’une perspective du genre dans les actions concertées en faveur du développement. Ce positionnement accompagne le mandat de la Déclaration et du Programme d’Action de Pékin de 1995 lors de sa quatrième conférence mondiale sur les femmes visant à rassembler toutes les parties prenantes des politiques et programmes de développement, plus particulièrement l’ONU, ses États membres ainsi que les acteurs de la société civile autour d’engagements communs envers l’égalité des sexes. 

Peu à peu, l’attention se porte sur les relations entre les hommes et les femmes plutôt qu’uniquement sur les femmes3]Approche IFD « Intégration des Femmes dans le Développement » de 1975-1985 qui met l’accent sur le besoin d’affecter des ressources à l’amélioration de la condition de la femme par le biais de projets en leur faveur avec les travaux d’Ester Boserup, « La femme face au développement économique » où le contraste est mis entre l’importance du travail féminin et l’absence totale des femmes dans la mise en œuvre des politiques de développement.  . Les inégalités des relations de pouvoir empêchent le développement et la pleine participation des femmes au processus de développement. Un nouveau mode de développement est proposé. L’essentiel des stratégies vise à identifier les besoins pratiques formulés par les femmes et les hommes, individuellement et ensemble, à mettre en évidence les intérêts stratégiques des femmes afin d’évincer les obstacles qui s’opposent à leur épanouissement et à la pérennité de leurs droits et libertés, ainsi que le renforcement du pouvoir et de l’autonomie des femmes. 

La démarche ne vise donc plus uniquement à développer des projets s’adressant à des femmes, mais s’élargit à toutes les actions et touche aussi bien les hommes que les femmes. Il s’agit avant tout d’analyser et de tenir compte des dynamiques sociétales où chaque individu se situe. En effet, les aspects sociaux, économiques, culturels, environnementaux et politiques du développement sont pris en compte au même titre que les spécificités liées au sexe pour renverser les tendances et orienter les politiques de manière plus égalitaire. Est réalisée une analyse des rôles et responsabilités socialement assignés aux hommes et aux femmes, leurs interactions et les opportunités qui leur sont offertes. Cette approche situe donc la parité au centre de l’analyse. 

Dans les contextes de développement et tout particulièrement dans l’action humanitaire, visant à sauver des vies et soulager les souffrances des victimes, un projet n’est jamais neutre. Celui-ci, en fonction de la manière dont il est pensé et mis en œuvre, peut avoir un impact plus ou moins néfaste sur les populations pour lesquelles il intervient. Il a un impact social et reflète très généralement les valeurs et les priorités d’une organisation.

Si aujourd’hui le caractère indispensable des femmes dans la mise en œuvre et l’efficacité des politiques et projets de développement n’est plus discuté, l’égalité parfaite des sexes n’est toujours pas atteinte. D’abord admise et exigée par les bailleurs.ses institutionnel.le.s, l’approche intégrée du genre est petit à petit adoptée par les ONG et est perçue comme la pierre angulaire du développement. Malgré son importance, elle reste tout de même assez invisible chez les humanitaires qui privilégient l’urgence et le redressement plutôt que le développement. Etant axée vers la prise en compte et la réponse des besoins des populations les plus vulnérables, l’assistance d’urgence devrait prendre en compte les spécificités et les besoins de chaque sexe en fonction de ses caractéristiques et de sa situation personnelle afin d’être plus efficace et d’avoir un impact sur le long terme. Le manque de moyens et de temps freine souvent l’action humanitaire qui se retrouve cantonnée à des actions ponctuelles dont les effets s’évaporent dès que les équipes quittent le terrain. Nous verrons dans la première partie de cet article dans quelle mesure le genre peut être compatible avec les actions humanitaires menées par les ONG. La deuxième partie couvrira la conditionnalité des bailleur.ses liée aux ONG et fera l’objet d’un second article.  

Le genre est-il compatible avec les opérations humanitaires ?

A priori, de par la nécessité d’intégrer le genre et l’analyse des structures de pouvoir dans le processus de prise de décision et la mise en œuvre des politiques de développement, il semblerait que le genre soit indéniablement lié à la notion de développement et incompatible avec l’humanitaire qui est une « aide d’urgence et ponctuelle mise en place lors d’une situation de crise exceptionnelle ou de catastrophe naturelle4]Définition du site officiel de l’Action Aide Humanitaire ». Son objectif est d’assurer l’assistance et la protection des personnes vulnérables et de répondre aux besoins des populations en danger. L’aide humanitaire ou d’urgence est alors opposée à l’aide au développement. L’assistance humanitaire se veut ponctuelle et ne s’inscrit pas dans la durée puisqu’elle répond à un besoin précis en fournissant des services vitaux.

Néanmoins, il ne faut pas négliger l’impact que les crises peuvent avoir sur les individus, les sociétés et les structures de pouvoir. En situation de crise, les besoins et les intérêts des femmes, des filles, des hommes et des garçons varient, tout comme leurs ressources, leurs capacités et leurs stratégies de réaction face à celles-ci. Les catastrophes naturelles, à l’instar d’autres situations d’urgence, exacerbent la violence et affaiblissent les moyens de protection, ce qui rend l’intégration de l’approche du genre d’autant plus nécessaire dans un contexte humanitaire. L’expérience a souvent prouvé qu’une aide efficace n’est possible qu’en tenant compte des différences dans les rapports entre les sexes, des responsabilités et du partage du travail entre les femmes, les hommes, les garçons et les filles. Il existe alors un réel potentiel d’évolution transformative qui découlerait de cette situation de crise.

Les inégalités préexistantes dont il est fait mention ci-dessus annoncent que les femmes et les filles sont plus susceptibles de connaître des conséquences néfastes en cas de crise. De plus, les femmes se trouvent souvent en position de nouvelle cheffe de famille, du fait de la séparation ou de la perte des membres masculins du foyer. Cependant, elles ne peuvent pas toujours accéder aux ressources ou services proposés par l’action humanitaire puisqu’il n’existe pas d’assistance pour la prise en charge des enfants et l’acquisition de ressources comme la nourriture et l’eau peut être dangereuse. Elles sont plus vulnérables et davantage exposées à la violence et à l’exploitation sexuelle du fait de la dislocation de la société traditionnelle et de la redistribution brutale des rôles. Par conséquent, les femmes et les filles sont plus susceptibles de souffrir d’insécurité alimentaire dans des contextes d’urgence.

Pour le cas des camps de réfugiés, le risque d’exposition des femmes et des filles à de multiples formes de violence est accru, notamment car le surpeuplement entraîne une forte pression sur les ressources. En outre, les systèmes de camps s’accompagnent le plus souvent d’une insécurité croissante, d’un manque d’abris et de services limités. La guerre et le déplacement augmentent la vulnérabilité des femmes et filles aux violences sexuelles face à des normes de comportement social qui s’affaiblissent. 

Ainsi, lorsqu’il est question de prendre en compte le genre dans l’humanitaire, il s’agit principalement d’analyser, de déterminer et de reconnaître les différents besoins, capacités et contributions propres aux femmes, aux hommes, aux filles et aux garçons afin de leur permettre de survivre, mais surtout de vivre dignement dans le respect de leurs droits respectifs. Cette programmation offre une protection et permet la participation pertinente et appropriée de tous ainsi que l’accès à l’assistance et à l’autosuffisance tout en garantissant l’évolution vers une société inclusive. 

L’analyse par le genre examine donc l’impact des urgences sur les femmes, les filles, les hommes et les garçons et vérifie que l’intervention humanitaire répond à leurs besoins et leurs priorités distincts. Aujourd’hui, cette analyse est imposée par la plupart des bailleur.ses de fonds. En effet, ils exigent l’intégration d’une section genre dans tous les contrats et contraignent les ONG à l’adopter les rendant ainsi prisonnières de cette conditionnalité.  Cette analyse demeure donc primordiale à la planification, au suivi et mesure de l’action humanitaire puisqu’elle examinera les relations entre individus en fonction du sexe et de l’âge dans leurs rôles respectifs, dans leur accès aux ressources et leur contrôle, leur prise de décision, mais également en fonction des contraintes des différents groupes.

Guidées par l’impulsion internationale et la nécessité pour les acteur.ices de la coopération internationale d’intégrer les problématiques de genre, les ONG, menées par Coordination Sud5]Coordination nationale des ONG française de solidarité internationale fondée en 1994 et rassemblant plus de 170 ONG françaises. ont peu à peu commencé à intégrer le genre dans leurs mécanismes d’action, notamment avec la mise en place de formations internes, l’intégration de l’approche genre dans leur fonctionnement, la prise en compte du genre dans les projets de développement et la sensibilisation et plaidoyer au développement. Elles disposent donc d’outils et de grilles d’analyses capables d’assurer un suivi correct et pertinent du genre. 

Bien qu’étant soumises à des principes d’impartialité, d’universalité et de neutralité, les ONG se doivent d’adapter leurs grilles d’analyse pour améliorer l’efficacité des actions humanitaires. Si elles ne sont pas à l’origine des grands textes qui ont mis le genre à l’ordre du jour, elles s’appuient tout de même sur une base documentaire assez solide. En reconnaissant les différences basées sur le genre, les activités peuvent être mieux ciblées pour aborder dans une logique de proportionnalité et d’humanisme les besoins particuliers de chaque sexe dans l’intérêt de l’égalité. Ainsi, en combinant cette approche à l’analyse de la vulnérabilité selon les principes humanitaires, les ONG peuvent cibler des groupes pour des mesures spéciales.

L’analyse des vulnérabilités et des besoins comme outil de l’intégration du genre

Dans le contexte de l’urgence et l’assistance humanitaires, l’organisation des missions doit tenir compte de leurs spécificités et des risques potentiels s’imposant à chacune d’entre elles. Adopter une perspective genre dans l’humanitaire facilite la compréhension des différences de vulnérabilité, afin d’élaborer de meilleures interventions. Cette approche contribue également à convaincre tous les exclus, femmes ou hommes, qui seront plus enclins à participer si les besoins vitaux sont couverts. De plus, cette approche permet également de veiller à l’intégration du principe de non-discrimination au sein des programmes humanitaires, de s’adapter aux changements de rôles provoqués par la crise sans perpétuer les inégalités existantes. Il s’agit donc d’une transition optimale entre l’aide humanitaire et le développement.

Néanmoins, si la vulnérabilité et les besoins des individus semblent être un point incontournable dans la planification de l’action humanitaire, il peut être néfaste de ne pas inclure la perspective genre. Lorsque les différences et les besoins propres aux hommes et aux femmes ne sont pas identifiés, l’aide est biaisée. En effet, même si un soulagement temporaire a lieu, il ne permet pas d’agir en faveur de l’égalité femme-homme. Des résultats en matière de genre doivent être obtenus et suivis afin que les projets puissent donner lieu à des transformations dans les rapports de pouvoir et permettre une meilleure égalité. 

Ces principes intégrés, l’approche genre permet d’effectuer une analyse comparative entre les sexes et de comprendre les différentiels de vulnérabilité.

Aujourd’hui, malgré la reconnaissance de la nécessité d’intégration de l’approche genre dans l’identification de besoins spécifiques en matière de genre, les organisations humanitaires continuent de brandir la carte de l’impartialité et de la non-discrimination en affirmant s’intéresser seulement à la vulnérabilité des individus. Toutefois, lorsque la variable relationnelle et interactive entre les hommes et les femmes n’est pas prise en compte, l’analyse des vulnérabilités se retrouve altérée et l’intervention biaisée. 

Souvent, lorsque survient une catastrophe ou un conflit, l’urgence prime et les acteur.ices de l’humanitaire agissent rapidement. Néanmoins, le risque de cette réactivité est que très souvent l’aide humanitaire fournie relaye au second plan des informations sensibles, contextuelles et de vulnérabilité qui peuvent affecter son efficacité. Par informations sensibles, il est question d’attention particulière qui doit être portée aux questions sexospécifiques et aux critères de vulnérabilité. Prendre en compte la sexospécificité des besoins, c’est reconnaître que dans le contexte humanitaire, les besoins propres aux femmes, aux hommes, aux garçons et aux filles sont différents et que leur participation aux programmes d’urgence et de réhabilitation l’est tout autant. En faisant abstraction de ces différences, leur protection et leur survie peuvent sérieusement en pâtir.

Il donc est nécessaire de mettre en place une analyse des besoins et de gestion des risques en prenant en compte ces informations cruciales. D’un point de vue opérationnel, cette approche permet de se focaliser sur le nombre de bénéficiaires femmes et hommes qu’une organisation peut atteindre à travers son action humanitaire. L’égalité des sexes peut ainsi être pilotée en fonction des quotas instaurés pour s’assurer d’une représentativité maximale par rapport au nombre de bénéficiaires.

Les individus ont des types de besoins qui peuvent être classés selon deux catégories : les besoins « pratiques »6]Besoins de survie immédiats souvent associés aux rôles sociaux de chaque genre, mais également des besoins en produits alimentaires, abri, eau et sécurité ; condition immédiate des sexes. et les besoins stratégiques7]Capacité d’un individu à contrôler sa vie, ses ressources, ses droits de propriété, sa participation politique ; position relative de chaque genre et visent à résoudre les inégalités de sexe.. Une intervention humanitaire efficace repose ainsi sur l’identification stricte et claire de ces types de besoins, notamment lorsque les schémas traditionnels sont renversés (perte des moyens de subsistance et changement des rôles sociaux) et peut soit confirmer les rôles traditionnels des sexes soit contribuer à une plus grande égalité des sexes.

Parallèlement, les concepts de protection et de vulnérabilité8]Critère de base pour l’allocation des ressources, s’inscrit dans une approche dynamique renvoyant à des situations de risque ou d’incertitude quant au futur de son sujet et leur devenir, s’apprécie par la résilience, la capacité d’un individu à absorber un choc et à se relever. des personnes doivent être placés au centre de l’approche afin que les besoins soient satisfaits. De cette manière, les individus ou groupes d’individus considérés comme étant les plus vulnérables sont ceux comme étant le plus dans le besoin en termes d’urgence. L’accent doit être mis sur ces individus en termes d’assistance spécifique et de protection.  

Les principaux critères de vulnérabilité sont les suivants : 

  • Les ménages où le chef de famille est une femme,
  • Les ménages où le chef de famille est une personne âgée de plus de 60 ans,
  • Les femmes enceintes ou allaitant présentes dans le foyer,
  • Le nombre d’enfants âgés de moins de 5 ans,
  • Les personnes vivant avec un handicap ou une maladie chronique,
  • Les ménages et/ou personnes à faible niveau de revenu,
  • Le statut de déplacé.

Le genre est donc perçu comme une dimension de la vulnérabilité des individus et trouve sa légitimité dans l’approche par les besoins, d’où la nécessité d’adopter une ventilation sexospécifique à toutes les étapes du cycle de projet pour s’assurer de l’efficacité d’un programme humanitaire.

Conclusion

L’avantage de l’approche par les besoins est qu’elle s’intéresse directement aux différences de genre dans l’accès aux biens et aux services. 

Toutefois, le principe de neutralité adopté par la plupart des organisations humanitaires peut se présenter comme frein à l’identification des obstacles à l’égalité des genres. En effet, les ONG ne peuvent pas agir sur les dynamiques de pouvoir entre les sexes qui créent justement des différences dans l’accès aux ressources. Des projets peuvent être mis en place à court terme afin de tenter de réduire les écarts et rééquilibrer la balance, mais quel est l’impact de ces projets sur le long terme ? L’approche orientée vers les besoins se présente donc comme un socle d’analyse optimal. Cependant, il ne suffit pas à l’efficacité d’une action humanitaire.

Même si le genre fait désormais partie intégrante de toutes les organisations, gouvernementales ou non, les ONG n’ont quant à elles pas de cadre centralisé et normatif autre que quelques directives et recommandations présentées dans les forums de l’IASC9]Inter Agency Standing Committee fondé en 1992 pour renforcer l’aide humanitaire par l’amélioration de la fourniture d’aide humanitaire aux populations cibles., dans le manuel SPHERE10]Présente les standards minimum (actions clés, indicateurs clés et notes d’orientation) et principes de protection de l’intervention et de la charte humanitaire du Projet Sphère. Mis au point en 1997 par un consortium d’ONG et le mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi qu’un ensemble de débats, discussions et textes établis sur la scène internationale. Elles s’inspirent de ces derniers pour garantir l’identification des besoins, des capacités, des priorités spécifiques des femmes, des filles, des hommes et des garçons ainsi que pour informer ceux-ci de leurs droits et ressources disponibles tout en s’assurant de la participation et de la direction de femmes dans la conception de programmes. Financées à majorité par des bailleur.ses de fonds institutionnels, les ONG se retrouvent très souvent ligotées et soumises à l’agenda politique de ces derniers. De plus, si les bailleurs.ses de fonds sollicitent des approches approfondies, une certaine expertise en matière de genre, des résultats et une mise en œuvre concrète et spécifique des projets qu’ils veulent voir concrétiser, ils donnent difficilement les moyens aux organisations de parvenir aux résultats exigés. Si la nécessité d’intégrer le genre dans l’assistance humanitaire est devenue prégnante, il est intéressant d’évaluer l’impact que peut avoir la conditionnalité des bailleur.ses de fonds à la réalisation de l’agenda des ONG, notamment lorsque celles-ci ont davantage été emportées par la vague de la récupération politique plutôt que de la volonté indépendante et assumée de développer un cadre personnifié et normatif du genre qui leur soit propre. Ainsi, nous présenterons et analyserons dans la deuxième partie de l’article dans quelle mesure celle-ci se lit dans l’intégration du genre dans l’action des ONG et comment elle imprègne leur agenda.

References   [ + ]

1. Citation de la Déclaration et du Programme d’Action de Pékin de 1995, 4e conférence des Nations Unies, que l’on peut retrouver ici :  https://www.un.org/womenwatch/daw/beijing/pdf/BDPfA%20F.pdf  
2. Un des six organes des Nations Unies chargé de coordonner les travaux économiques et sociaux des 14 agences spécialisées de l’ONU, il agit au cœur du système pour le développement en définissant les normes internationales et priorités dans les domaines économique, social, culturel, santé ainsi que les droits de l’homme et libertés fondamentales.
3. Approche IFD « Intégration des Femmes dans le Développement » de 1975-1985 qui met l’accent sur le besoin d’affecter des ressources à l’amélioration de la condition de la femme par le biais de projets en leur faveur avec les travaux d’Ester Boserup, « La femme face au développement économique » où le contraste est mis entre l’importance du travail féminin et l’absence totale des femmes dans la mise en œuvre des politiques de développement. 
4. Définition du site officiel de l’Action Aide Humanitaire
5. Coordination nationale des ONG française de solidarité internationale fondée en 1994 et rassemblant plus de 170 ONG françaises.
6. Besoins de survie immédiats souvent associés aux rôles sociaux de chaque genre, mais également des besoins en produits alimentaires, abri, eau et sécurité ; condition immédiate des sexes.
7. Capacité d’un individu à contrôler sa vie, ses ressources, ses droits de propriété, sa participation politique ; position relative de chaque genre et visent à résoudre les inégalités de sexe.
8. Critère de base pour l’allocation des ressources, s’inscrit dans une approche dynamique renvoyant à des situations de risque ou d’incertitude quant au futur de son sujet et leur devenir, s’apprécie par la résilience, la capacité d’un individu à absorber un choc et à se relever.
9. Inter Agency Standing Committee fondé en 1992 pour renforcer l’aide humanitaire par l’amélioration de la fourniture d’aide humanitaire aux populations cibles.
10. Présente les standards minimum (actions clés, indicateurs clés et notes d’orientation) et principes de protection de l’intervention et de la charte humanitaire du Projet Sphère. Mis au point en 1997 par un consortium d’ONG et le mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Retrouvez la deuxième partie de cet article ici

Sources bibliographiques

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Fiches sur l’intégration transversale du genre dans les projet, à lire ici http://www.adequations.org/spip.php?article1268  

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UNHCR, Global report 2018 ; à télécharger ici : Document UNHCR’s Global Report 2018

Pour citer cet article : Aidalaye DIOP, “L’intégration de la perspective genre dans les opérations humanitaires des ONG internationales 1/2”, 07.01.2021, Institut du Genre en Géopolitique.

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