Les femmes dans l’économie informelle : la double peine ?

Temps de lecture : 8 minutes

17/10/2022

Mathilde Warda

 

En 2018, parmi les deux milliards de travailleur·euse·s du secteur informel à l’échelle planétaire, 750 millions étaient des femmes[1]OIT. (2018). Women and men in the informal economy: a statistical picture. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/documents/publication/wcms_626831.pdf. Si celles-ci restent moins nombreuses que les hommes, elles sont néanmoins souvent confrontées à des situations plus précaires. Il est donc important d’analyser la place qu’elles occupent dans cette économie « invisible » et mal appréhendée. La présente étude s’attache à comprendre ce qui conduit les femmes vers l’informalité et dans quel cadre les inégalités de genre se reproduisent au sein de ce secteur.

La difficile évaluation de l’informalité

Le travail informel est présent dans tous les pays du monde. Du fait de sa supposée invisibilité, sa considération rencontre des problèmes majeurs de définition et de quantification.

Le chercheur britannique Keith Hart a été le premier en 1971 à utiliser la notion d’informalité en économie[2]Bennafla, K. (16 avril 2015).  Notion à la une : informalité . Géoconfluences. http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/notion-a-la-une/notion-a-la-une-informalite. Pourtant, il faudra attendre une vingtaine d’années pour qu’une définition internationale soit établie, bien que celle-ci soit toujours sujette à débat. Celle retenue par l’Organisation internationale du Travail (OIT) indique que « Les travailleurs dans le secteur informel comprennent toutes les personnes qui, pendant une période de référence donnée, ont travaillé dans au moins une entreprise du secteur informel[3]Une entreprise du secteur informel est (1) une entreprise non constituée en société et (2) une entreprise marchande (c’est-à-dire qu’elle vend au moins une partie des biens ou services … Continue reading), indépendamment de leur situation dans la profession et s’il s’agissait de leur emploi principal ou secondaire[4]ILO.( n.d).  Économie informelle. https://www.ilo.org/ilostat-files/Documents/description_IFL_FR.pdf» . Plus simplement, nous pouvons définir l’économie informelle comme le secteur rassemblant « les activités qui ont une valeur marchande et qui contribueraient aux recettes fiscales et au PIB en étant déclarées[5]Deléchat, C., Medina, L. (décembre 2020). Qu’est-ce que l’économie informelle ? L’ABC de l’économie. Fonds monétaire international. … Continue reading».

Depuis les années 1990, le travail informel a diminué de façon hétérogène à travers le globe. En effet, selon la Banque mondiale, « entre 1990 et 2018, en moyenne, la part de la production informelle dans le PIB a diminué d’environ 8 points de pourcentage dans les EMDE[6]Le système de classification des pays du World Economic Outlook désigne 34 pays membres comme des pays avancés ; les 154 pays membres restants sont étiquetés “marchés émergents et … Continue reading, pour atteindre 31 pour cent, et de 3 points de pourcentage dans les économies avancées, à 17 %[7]« Between 1990 and 2018, on average, the share of informal output in GDP fell by about 8 percentage points in EMDEs, to 31 percent, and by 3 percentage points in the advanced economies, to 17 … Continue reading». Malgré ce déclin, les activités économiques informelles constituent plus de deux tiers[8]Ibid. des emplois dans la majorité des pays EMDE, si bien qu’aujourd’hui, 61,2 % de la population employée[9]OIT. (2018). Women and men in the informal economy: a statistical picture. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/documents/publication/wcms_626831.pdf dans le monde – soit deux milliards de personnes – gagne sa vie en travaillant dans l’économie informelle.

La place des femmes dans ce secteur

Au niveau mondial, 63 % des hommes travaillent dans le secteur informel contre 58,1 % des femmes[10]Ibid., p.20.. Toutefois, cette proportion varie selon les régions, particulièrement dans les pays du Sud global où les femmes ont tendance à être plus représentées. C’est notamment le cas en Asie du Sud, où 90,7 %[11]Ibid. p. 36 des femmes ont un emploi informel, et en Afrique subsaharienne où ce chiffre atteint 92,1 %[12]Ibid. p. 30.

Dans d’autres régions du monde, la relative faible participation des femmes dans l’économie informelle, s’explique également par une faible participation au marché du travail en général. Selon l’OCDE, c’est notamment le cas de la région MENA (Moyen-Orient–Nord de l’Afrique), où les femmes ont plus tendance à effectuer un travail basé à la maison, principalement à cause de facteurs « socio-économique, culturel, structurel et institutionnel interreliés[13]« Socioeconomic, cultural, structural and institutional factors ». OCDE. (30 mars 2011). Session 4. Social resilience: moving away from informality to formal employment and businesses. … Continue reading». La part de travail informel chez les femmes atteint par exemple 61,8 %[14]Ibid., p. 25 pour les pays arabes.

Quels facteurs favorisent l’informalité chez les femmes ?

Le secteur informel constitue une économie de survie et permet à toute une partie de la population non qualifiée d’avoir accès à un moyen de subsistance. À titre d’exemple, le manque d’accès à l’éducation est un des facteurs favorisant l’informalité. En effet, environ « 91 % des femmes dans l’économie sont analphabètes ou n’ont terminé que l’enseignement primaire[15]« about 91 per cent of women in the informal economy are illiterate or have finished only primary education ». OIT. (15 février 2018). Empowering women working in the informal economy.  Issue … Continue reading ». Cette deuxième raison est ainsi bien loin des idées reçues sur l’économie informelle, qui se résumerait « à des -tricheurs- cherchant à éviter de payer des impôts[16]Deléchat, C., Medina, L. ( décembre 2020). Qu’est-ce que l’économie informelle ? L’ABC de l’économie. Fonds monétaire international. … Continue reading », ce que les chiffres de l’OIT confirment.

D’autres paramètres comme l’absence de services sociaux ou d’accès à une garde d’enfants conduisent tout particulièrement les femmes vers ce secteur où les emplois sont plus flexibles. « Ces tendances sont exacerbées en période de récession économique, lorsque les services sociaux sont réduits[17]« These patterns are exacerbated during economic downturns, when social services are cut ». OCDE/OIT. (21 mai 2019). Tackling Vulnerability in the Informal Economy. … Continue reading», explique l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). D’autre part, les femmes doivent bien souvent assurer, en plus de leur éventuel emploi, un travail domestique long et contraignant qui constitue une double journée de travail. Par exemple, au Maroc, en Tunisie et en Turquie, les femmes effectuent une moyenne quotidienne de plus de cinq heures[18]Moisseron, J., et al. (juillet 2017). L’accès et le maintien des femmes à l’emploi de qualité au Maroc, en Tunisie et en Turquie. Agence France de Développement. … Continue reading de travail domestique contre moins d’une heure pour les hommes[19]Ibid.. C’est donc face à cette quantité de travail invisible, non rémunérée et afin d’assurer le travail de care[20]OCDE/OIT. (21 mai 2019). Tackling Vulnerability in the Informal Economy. … Continue reading, que les femmes doivent parfois faire le choix de l’informalité.

Malgré la précarité de ce secteur, il permet de gagner en autonomie et parfois de négocier une place dans le ménage. Dans une étude sur les femmes dans l’économie informelle au Sénégal, la chercheuse Sadio Ba Gning montre que le chômage des hommes pousse les femmes à multiplier les sources de revenu « pour assurer la survie de leur famille[21]Ba Gning, S. (2013). Les femmes dans le secteur informel. Dans Margaret Maruani (Ed.). Travail et genre dans le monde (pp. 336-344). L’état des savoirs. La Découverte.» . Les revenus ainsi générés par ces activités informelles permettent aux femmes de « négocier une certaine autonomie sociale au sein de leur ménage, tant dans leurs rapports de couple que dans leurs relations avec l’entourage familial en général[22]Ibid. ».

Une reproduction des inégalités de genre

Pour les femmes, l’absence de protection sociale, la rémunération peu élevée et les mauvaises conditions de travail sont les principales difficultés liées à l’informalité[23]Otobe, N. (2017) Gender and the informal economy: key challenges and policy response. OIT. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—ed_emp/documents/publication/wcms_614428.pdf. La crise de la Covid-19 a souligné le caractère précaire de cette économie. En effet, une grande partie du secteur informel se concentre dans le secteur des services qui a été en partie mis à l’arrêt pendant les confinements. Les travailleur·euse·s ont parfois été obligé·e·s d’arrêter leur activité ou au contraire de la poursuivre alors même qu’iels ne disposaient d’aucune protection sociale. Selon les estimations de l’OIT, le premier mois de la crise sanitaire a entraîné une baisse de 60 % du revenu des travailleur·se·s informel·le·s[24]OIT. (29 avril 2020). OIT: Alors que les pertes d’emploi s’intensifient, près de la moitié de la main-d’œuvre mondiale risque de perdre ses moyens de subsistance. … Continue reading.

Ainsi, les inégalités de genre présentes dans le secteur formel se reproduisent également dans le secteur informel. Si les femmes sont globalement moins représentées dans ce secteur, elles sont cependant plus souvent exposées à des situations vulnérables, à occuper des positions plus précaires ou à être moins bien payées[25]OIT. (2018). Women and men in the informal economy: a statistical picture. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/documents/publication/wcms_626831.pdf. Selon la chercheuse Sadio Ba Gningen, les femmes travaillant dans le secteur informel en Afrique de l’Ouest gagnent « moitié moins que les hommes en raison de leur concentration dans le secteur domestique très peu rémunérateur[26]Ba Gning, S. (2013). Les femmes dans le secteur informel. Margaret Maruani (éd.). Travail et genre dans le monde (pp. 336-344). L’état des savoirs. La Découverte.». En prenant le cas du Sénégal, elle décrit le secteur informel comme un escalier à trois étages divisant les principales catégories de travailleur·euse·s : les marchand·e·s ambulant·e·s, les marchand·e·s de cantines et les importateur·trice·s. Cette division du travail illustre « la difficulté des femmes à accéder au secteur informel supérieur[27]Ibid. ». Celles-ci ont tendance à occuper des positions de revendeuses (46,5 %), d’employées en aide familiale (22,6 %) ou encore dans le domaine des services (21,3 %)[28]Ibid. comme la restauration, la distribution ou encore la coiffure.

Les femmes sont également plus exposées à des temps de travail particulièrement courts. Selon les estimations de l’OIT[29]OIT. (2018). Women and men in the informal economy: a statistical picture. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/documents/publication/wcms_626831.pdf, deux fois plus de femmes (14 %) que d’hommes (7,3 %) travaillent vingt heures par semaine. Cette proportion atteint même 20 % en Afrique, Amériques[30]Classification de l’Organisation internationale du travail, et dans les pays arabes[31]Ibid.. Or, cette situation peut avoir des effets négatifs. Selon l’OIT, des temps de travail trop courts exposent à un plus grand risque de pauvreté et de sous-emploi.

Conclusion 

Le secteur informel est un lieu de reproduction des inégalités de genre. Les hommes y sont globalement plus représentés, mais les femmes ont tendance à y occuper une place plus vulnérable, à être moins payées et à être plus exposées à des métiers précaires. La « double journée » que les femmes effectuent quotidiennement s’ajoute aussi à cette charge de travail.

Ainsi, pour répondre au cinquième Objectif de développement durable[32]ONU. (n. d.). Objectifs du développement du durable. https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/ des Nations unies concernant l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, certaines organisations internationales essayent de valoriser le travail informel. C’est le cas du réseau Women in Informal Employment: Globalizing and Organizing (WIEGO[33]Les femmes dans l’emploi informel : Mondialisation et organisation.), dont l’objectif est « d’améliorer les conditions de travail des travailleur·se·s pauvres – en particulier les femmes – dans l’économie informelle[34]« improving the working conditions of the working poor – especially women – in the informal economy ». Wiego. (n. d.). About us. https://www.wiego.org/about-us». L’Organisation internationale du Travail publie également des rapports impliquant des recommandations sur l’autonomisation des femmes dans l’économie informelle, avec comme objectif final de « faciliter le passage de ces travailleuses et de ces unités informelles de l’économie informelle à formelle[35]« to facilitate the transition of these workers and economic units from the informal to the formal economy ». OIT. (15 février 2018). Empowering women working in the informal … Continue reading».

L’idée de considérer le travail comme facteur d’émancipation n’est pas nouvelle. Simone de Beauvoir, dans Le Deuxième Sexe, écrivait déjà « C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c’est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète[36]Beauvoir, S. (1949). Le Deuxième Sexe. Gallimard.». Cette valorisation touche aujourd’hui le travail informel, mais amène également à remettre en question la définition même du travail.

Bibliographie

Ba Gning, S. (2013). Les femmes dans le secteur informel. Dans Margaret Maruani (Ed.). Travail et genre dans le monde (pp. 336-344). L’état des savoirs. La Découverte.

Beauvoir S. (1949). Le Deuxième Sexe. Gallimard.

Bennafla, K. (16 avril 2015).  Notion à la une : informalité . Géoconfluences. http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/notion-a-la-une/notion-a-la-une-informalite

Deléchat, C., Medina, L. ( décembre 2020). Qu’est-ce que l’économie informelle ? L’ABC de l’économie. Fonds monétaire international. https://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2020/12/pdf/what-is-the-informal-economy-basics.pdf

Moisseron, J., et al. (juillet 2017). L’accès et le maintien des femmes à l’emploi de qualité au Maroc, en Tunisie et en Turquie. Agence France de Développement, Notes techniques n° 32. https://www.afd.fr/fr/ressources/lacces-et-le-maintien-des-femmes-lemploi-de-qualite-au-maroc-en-tunisie-et-en-turquie

Ohnsorge, F., Yu, S. (mai 2021). The long shadow of informality. Banque mondiale. https://www.worldbank.org/en/research/publication/informal-economy

Otobe, N. (2017) Gender and the informal economy: key challenges and policy response. OIT. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—ed_emp/documents/publication/wcms_614428.pdf

Pesqueux, Y. (2012). L’économie informelle, une bonne « mauvaise pratique » ? Revue française de gestion. vol. 228-229 (no. 9-10). pp. 217-229. https://www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2012-9-page-217.htm

Talahite, F.  (2013). Genre et marché du travail au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dans Margaret Maruani (Ed.).  Travail et genre dans le monde. L’état des savoirs. La Découverte. pp. 161-170.

OCDE/OIT. (21 mai 2019). Tackling Vulnerability in the Informal Economy. https://www.oecd-ilibrary.org/docserver/939b7bcd-en.pdf?expires=1637077873&id=id&accname=guest&checksum=8358EEC6C1FAC91C209536B1F8835F0F

OCDE. (30 mars 2011). Session 4. Social resilience: moving away from informality to formal employment and businesses. https://www.oecd.org/mena/competitiveness/issue-paper-session-4.pdf

ILO (n.d.). Economie informelle. https://www.ilo.org/ilostat-files/Documents/description_IFL_FR.pdf

OIT. (15 février 2018). Empowering women working in the informal economy. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—cabinet/documents/publication/wcms_618166.pdf

OIT. (2018). Women and men in the informal economy: a statistical picture. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/documents/publication/wcms_626831.pdf

OIT. (29 avril 2020). OIT: Alors que les pertes d’emploi s’intensifient, près de la moitié de la main-d’œuvre mondiale risque de perdre ses moyens de subsistance. https://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_743112/lang–fr/index.htm

Wiego (n. d.). About us [à propos]. https://www.wiego.org/about-us

Pour citer cette production : Mathilde Warda, “Les femmes dans l’économie informelle : la double peine ?”, 17.09.2022, Institut du Genre en Géopolitique, https://igg-geo.org/?p=9035 

Les propos contenus dans cet article n’engagent que l’auteur·ice.

References

References
1 OIT. (2018). Women and men in the informal economy: a statistical picture. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/documents/publication/wcms_626831.pdf
2 Bennafla, K. (16 avril 2015).  Notion à la une : informalité . Géoconfluences. http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/notion-a-la-une/notion-a-la-une-informalite
3 Une entreprise du secteur informel est (1) une entreprise non constituée en société et (2) une entreprise marchande (c’est-à-dire qu’elle vend au moins une partie des biens ou services qu’elle produit), et (3) répond à au moins un des critères suivants : (i) l’entreprise n’est pas enregistrée, (ii) les salariés de l’entreprise ne sont pas enregistrés, ou (iii) le nombre de personnes engagées de manière continue est inférieur à un seuil déterminé par le pays. (ILO
4 ILO.( n.d).  Économie informelle. https://www.ilo.org/ilostat-files/Documents/description_IFL_FR.pdf
5 Deléchat, C., Medina, L. (décembre 2020). Qu’est-ce que l’économie informelle ? L’ABC de l’économie. Fonds monétaire international. https://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2020/12/pdf/what-is-the-informal-economy-basics.pdf
6 Le système de classification des pays du World Economic Outlook désigne 34 pays membres comme des pays avancés ; les 154 pays membres restants sont étiquetés “marchés émergents et économies en développement” (EMDE).
7 « Between 1990 and 2018, on average, the share of informal output in GDP fell by about 8 percentage points in EMDEs, to 31 percent, and by 3 percentage points in the advanced economies, to 17 percent ». Ohnsorge, F., Yu, S. (mai 2021). The long shadow of informality. Banque mondiale. https://www.worldbank.org/en/research/publication/informal-economy
8, 19, 31 Ibid.
9 OIT. (2018). Women and men in the informal economy: a statistical picture. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/documents/publication/wcms_626831.pdf
10 Ibid., p.20.
11 Ibid. p. 36
12 Ibid. p. 30
13 « Socioeconomic, cultural, structural and institutional factors ». OCDE. (30 mars 2011). Session 4. Social resilience: moving away from informality to formal employment and businesses. https://www.oecd.org/mena/competitiveness/issue-paper-session-4.pdf
14 Ibid., p. 25
15 « about 91 per cent of women in the informal economy are illiterate or have finished only primary education ». OIT. (15 février 2018). Empowering women working in the informal economy. Issue Brief #4. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—cabinet/documents/publication/wcms_618166.pdf
16 Deléchat, C., Medina, L. ( décembre 2020). Qu’est-ce que l’économie informelle ? L’ABC de l’économie. Fonds monétaire international. https://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2020/12/pdf/what-is-the-informal-economy-basics.pdf
17 « These patterns are exacerbated during economic downturns, when social services are cut ». OCDE/OIT. (21 mai 2019). Tackling Vulnerability in the Informal Economy. https://www.oecd-ilibrary.org/docserver/939b7bcd-en.pdf?expires=1637077873&id=id&accname=guest&checksum=8358EEC6C1FAC91C209536B1F8835F0F
18 Moisseron, J., et al. (juillet 2017). L’accès et le maintien des femmes à l’emploi de qualité au Maroc, en Tunisie et en Turquie. Agence France de Développement. https://www.afd.fr/fr/ressources/lacces-et-le-maintien-des-femmes-lemploi-de-qualite-au-maroc-en-tunisie-et-en-turquie
20 OCDE/OIT. (21 mai 2019). Tackling Vulnerability in the Informal Economy. https://www.oecd-ilibrary.org/docserver/939b7bcd-en.pdf?expires=1637077873&id=id&accname=guest&checksum=8358EEC6C1FAC91C209536B1F8835F0F
21 Ba Gning, S. (2013). Les femmes dans le secteur informel. Dans Margaret Maruani (Ed.). Travail et genre dans le monde (pp. 336-344). L’état des savoirs. La Découverte.
22 Ibid.
23 Otobe, N. (2017) Gender and the informal economy: key challenges and policy response. OIT. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—ed_emp/documents/publication/wcms_614428.pdf
24 OIT. (29 avril 2020). OIT: Alors que les pertes d’emploi s’intensifient, près de la moitié de la main-d’œuvre mondiale risque de perdre ses moyens de subsistance. https://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_743112/lang–fr/index.htm
25, 29 OIT. (2018). Women and men in the informal economy: a statistical picture. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/documents/publication/wcms_626831.pdf
26 Ba Gning, S. (2013). Les femmes dans le secteur informel. Margaret Maruani (éd.). Travail et genre dans le monde (pp. 336-344). L’état des savoirs. La Découverte.
27, 28 Ibid.
30 Classification de l’Organisation internationale du travail
32 ONU. (n. d.). Objectifs du développement du durable. https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/
33 Les femmes dans l’emploi informel : Mondialisation et organisation.
34 « improving the working conditions of the working poor – especially women – in the informal economy ». Wiego. (n. d.). About us. https://www.wiego.org/about-us
35 « to facilitate the transition of these workers and economic units from the informal to the formal economy ». OIT. (15 février 2018). Empowering women working in the informal economy. https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—cabinet/documents/publication/wcms_618166.pdf
36 Beauvoir, S. (1949). Le Deuxième Sexe. Gallimard.